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Faut-il interdire ou réglementer davantage la consommation de boissons énergisantes?

DUPIN QUOTIDIEN -  L'association de consommateurs CLCV publie ce matin une enquête sur la composition de ces boissons très prisées des jeunes et même des très jeunes.

Sur les 10 boissons étudiées, 8 ont un Nutri-Score D ou E, soit les notes les plus mauvaises. Il suffit de se pencher sur la liste d’ingrédients pour comprendre pourquoi. Juste après l'eau gazeuse on trouve du sucre, du glucose et du sirop de glucose. En clair : du sucre, du sucre et du sucre...

Il y en a un tout petit moins que pour une cannette de coca sauf qu'en plus il y a plein d'additifs dans ces boissons très consommées par les ados. Et surtout le plus inquiétant ce sont les substances stimulantes comme la caféine, la taurine, les vitamines et les extraits de plantes (ginseng, guarana) qui sont présentes en grande quantité. En moyenne 23 mg de caféine pour 100 ml, soit l’équivalent de 3 expressos pour une canette de 500 ml.

Mais il n’y a aujourd’hui aucune quantité maximale imposée par la loi pour ces excitants?

Non. Ce sont les industriels eux-mêmes qui se sont fixés un plafond : 4.000 mg/l pour la taurine et 320 mg par litre pour la caféine. Sachant que pour les autorités sanitaires la dose de caféine maximale pour un ado c'est 150 milligrammes par jour.

La CLCV demande donc un encadrement par la loi des teneurs en caféine et en taurine dans ces boissons énergisantes. Elle demande aussi un étiquetage beaucoup plus clair qui rappelle notamment que ces boissons sont déconseillées pour les enfants. 

Il y a vraiment beaucoup de jeunes qui consomment ce type de boissons?

Malheureusement les derniers chiffres officiels datent de 2013. A l'époque selon l'Agence européenne de sécurité des aliments 30% des adultes et 68% des ados affirmaient avoir déjà consommé au moins une fois une boisson énergisante au cours de l'année.

12% des ados étaient même "accros" et en consommaient plusieurs fois par semaine. Or selon une étude Nielsen, qui est le spécialiste de la grande distribution, le chiffre d'affaires de ces boissons énergisantes a quasiment doublé depuis 2013!

On peut donc imaginer que la consommation a elle aussi énormément augmenté. La CLCV réclame que l'ANSES qui est l'agence sanitaire française mène une étude pour déterminer justement le niveau de consommation de ces boissons et surtout leurs effets sur la santé, à court et à long terme.

Marie Dupin (avec J.A.)