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Faut-il vacciner les actifs en priorité?

En première ligne et exposés, les actifs qui ne peuvent faire du télétravail sont souvent des éléments importants de la chaîne de transmission du Covid-19.

Michel-Edouard Leclerc, président du groupe de distribution éponyme, le préconisait jeudi dernier sur RMC: il faut prioriser la vaccination des actifs et notamment des employés de la grande distribution, qui ne peuvent pas télétravailler, assurait-il face à Jean-Jacques Bourdin. Alors la France doit-elle changer de stratégie et avant d'élargir la vaccination aux plus de 65 ans se concentrer sur les mis au ban du télétravail? Les "Grandes Gueules" en sont convaincues, encore faudrait-il avoir les doses. 

"Pendant un éventuel confinement, il faut vacciner tous les actifs. Quand je vois qu’on va vacciner les profs fin-avril et qu’il faut 4 semaines pour avoir le bénéfice du vaccin, cela veut dire que les profs seront protégés quasi fin-mai", soit quasiment à la fin de l’année scolaire, déplore ce mardi sur RMC Jérôme Marty, le médecin sociétaire des "Grandes Gueules". Et pas moyen d’accélérer, alors que les doses de vaccins se font toujours rares en France. De quoi empêcher tout changement de stratégie donc et continuer à vacciner en le faisait par tranches d’âge. "La solution, c’est le matériel vaccinal distribué à tout le monde", plaide le praticien.

Pour Isabelle Saporta, il faut bel et bien vacciner les actifs les plus exposés. "On aurait dû protéger les personnes très âgées et vacciner de façon prioritaire comme l’on fait les Etats-Unis, les personnels soignants, les livreurs et tous ceux qui ne peuvent pas télétravailler et qui sont au front".

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"Je ne supporte pas que Thierry Breton fasse la fine bouche par rapport au Spoutnik russe"

"Je ne vois pas comment on peut dire aux enseignants de rester dans les classes en disait que tout va bien alors qu’on sait que le virus circule au moins autant dans les écoles, et de ne pas les vacciner. On ne peut pas sortir le soir mais on fait venir chez soi des livreurs qui ne sont pas prêts de se faire vacciner. C’est socialement très injuste, les travailleurs les plus précaires sont les moins protégés, on leur demande de prendre tous les risques pour nous et on ne vaccine pas et on regarde ailleurs", déplore-t-elle.

Pour Gilles-William Goldnadel, la vaccination en France et dans l'Union européenne est de toute façon un échec cuisant. Il confie également se méfier de "la logistique et de l’organisation", mise en place, où les achats sont centralisés et effectués par l’Etat, avant une redistribution des doses aux départements. "Ce que je vois c’est que je trouve les Français d’une patience remarquable. Ils râlent à tort et à travers, à bon et mauvais escient et je les trouve d’une placidité totale", ajoute-t-il.

Et alors que les doses se font rares, l'avocat plaide pour l'utilisation de plus en plus de vaccins. Gilles-William Goldnadel mise ainsi sur le vaccin russe Spoutnik V, que Christian Estrosi le maire de Nice a assuré ce mardi sur RMC avoir précommandé: "Je ne supporte pas que Thierry Breton (Le Commissaire européen au Marché intérieur ndlr), fasse la fine bouche par rapport au Spoutnik russe. Il est incapable de faire quoi que ce soit". Pourtant, il n’y aurait pas plus de doses de vaccin russe que d'un autre, assurait lundi sur RMC la ministre déléguée en charge de l’industrie Agnès Pannier-Runacher. Et le Spoutnik V doit encore attendre l’agrément de l’Agence européenne pour le médicament (AEM). Un agrément qui comme tous les vaccins avant lui, est souvent donné au bout de deux mois.

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Guillaume Dussourt