RMC

Fillon face aux infirmières: "ce qui nous a choqué, c'est son manque d'empathie"

Un reportage diffusé lors de l'Emission politique sur France, le 23 mars, montrait François Fillon face au personnel soignant d'un EHPAD. Le candidat Les Républicains était apparu glacial, exposant le problème de la dette et la nécessité de travailler davantage. Une des infirmières présentes ce jour-là était l'invitée de Bourdin Direct ce lundi matin.

La séquence avait été vivement commentée. Lors d'un reportage diffusé le jeudi 23 mars dans l'Emission politique de France 2, François Fillon était confronté au personnel soignant d'un EHPAD (Etablissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes) du Val-de-Marne. Il y avait défendu le passage aux 39 heures, expliquant qu'il fallait travailler plus pour ne pas "créer de la dette".

Alors que François Fillon est l'invité de Jean-Jacques Bourdin ce lundi matin, Barbara Filhol, une des infirmières de l'EHPAD présente ce jour-là, était sur le plateau de Bourdin Direct ce lundi matin.

"Le manque d'empathie de François Fillon, on pouvait s'y attendre. Ce qui nous a choqué c'est son manque d'écoute. Il vient dans un établissement dont il ne connait pas l'activité. Il fait 20 propositions dans son programme, il n'y en a pas une seule qui propose l'augmentation des effectifs. Alors que c'est une année noire pour le secteur de l'hôpital où on a eu une vague de suicides sans précédent, il se permet de nous dire qu'il y a la dette et qu'il va nous faire travailler plus longtemps en temps et jusqu'à 65 ans. C'est inacceptable, on ne peut pas entendre ça", s'est-elle indignée.

"Les RTT, une soupape de sécurité psychique et physique"

Selon elle, revenir sur les 35 heures est inenvisageable: "On a besoin d'avoir des RTT pour nos corps, ça nous permet d'avoir un temps de récupération, une soupape de sécurité psychique et physique. Donc M. Fillon peut nous parler de sa dette tant qu'il veut, on ne veut pas qu'il touche à nos accords de RTT. Ces accords à RTT sont signés et respectés. Donc demain il va obliger les établissements à négocier sur ces accords, il va mettre le feu là où il n'y a pas besoin".

Et de rappeler la réalité de son quotidien: "Une aide-soignante débute au SMIC et doit être à 1.700 euros en fin de carrière. Le métier est mal reconnu alors qu'il est indispensable. Nous on a une infirmière pour 84 résidents la journée. Nous avons 8 minutes pour faire la toilette d'un résident, quand vous en avez 230 dans un établissement, c'est très compliqué".

P.B.