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Flambée des cas: "Si les hospitalisations n'augmentent pas, c'est que la population est vaccinée"

Les cas augmentent fortement en France mais sans impact pour l'instant sur les hospitalisations. Mais l'équilibre et fragile et une flambée trop importante pourrait changer la donne malgré la vaccination.

Le pass sanitaire fait son entrée ce mercredi alors que le nombre de nouveaux cas flambe. Olivier Véran a annoncé mardi que 18.000 nouveaux cas positifs au Covid-19 avaient été enregistrés en 24h, du jamais-vu, a alerté le ministre de la Santé. La veille, c'est le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal qui prévenait: "Nous sommes entrés dans la 4ème vague. Nous constatons une vague plus rapide, une pente plus raide que toutes les précédentes".

Une quatrième vague qui intervient alors que plus de la moitié de la population française a au moins reçu une dose. Et pour l'instant, cette quatrième vague ne se ressent pas dans les hôpitaux: "Cette vague touche essentiellement des gens de moins de 40 ans, ceux qui sont moins vaccinés. Si le nombre d'hospitalisations n'augmente pas alors que les cas flambent, c'est parce que la population est vaccinée et que les gens touchés sont des gens jeunes", explique ce mercredi sur RMC Jean-Paul Hamon, médecin généraliste et président d'honneur de la Fédération des médecins de France.

Les jeunes moins vaccinés sont touchés donc, une tendance qui s'observerait en réanimation assure le praticien, qui évoque le cas d'un jeune de 21 ans en obésité, atteint du Covid-19 et placé en réanimation dans un hôpital francilien. Mais prudence tout de même, prévient-il: "Le nombre d'hospitalisations continue de diminuer, mais pas pour longtemps si le nombre de cas continuent d'exploser", assure Jean-Paul Hamon qui appelle à continuer de porter le masque dans les lieux clos alors que celui-ci n'est plus obligatoire au sein des cinémas et des théâtres pour les clients.

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"Les plus touchés sont les plus jeunes"

Le médecin espère également que le pass sanitaire, qui entre en vigueur ce mercredi continue d'inciter les gens à se faire vacciner, alors qu'un boom des prises de rendez-vous pour une première dose a été constaté juste après les annonces d'Emmanuel Macron le 12 juillet dernier.

"Il nous reste jusqu'à mi ou fin septembre pour nous vacciner. Si l'épidémie actuellement ne flambe pas dans les hôpitaux, c'est parce que les gens sont majoritairement vaccinés et on voit bien que les plus touchés sont les plus jeunes qui ont eu moins de temps pour se faire vacciner", appelle Jean-Paul Hamon.

La France pourrait donc se retrouver à court-terme dans la même situation qu'Israël ou le Royaume-Uni, deux pays dont les populations sont largement vaccinées et où les nouveaux cas flambent mais sans incidence sur la situation hospitalière et le nombre de morts.

Des situations encourageantes qui ne suffisent pas à convaincre certains réfractaires à la vaccination, méfiants face aux nouveaux vaccins et réticents après les annonces de la généralisation du pass sanitaire. C'est le cas d'Eddy, un auditeur qui assure qu'il ne se fera pas vacciner avant 2023, évoquant des vaccins encore en phase de tests. Car les vaccins sont actuellement en fin de phase 3, comme l'assure le laboratoire Pfizer lui-même. Rien cependant qui n'empêche la mise sur le marché.

"Les vaccins ont été testés largement et actuellement comme tout médicament il y a une vigilance et une surveillance accrue de tous les effets secondaires suspects. On accuse les vaccins de donner des embolies mais j'ai eu récemment eu une jeune fille de 17 ans non-vaccinée qui a fait une thrombophlébite cérébrale, chose rarissime que je n'avais jamais vu dans ma très longue carrière et une autre non-vaccinée de 42 ans qui a fait une double embolie pulmonaire".
On fera le tri des effets secondaires, mais il ne faut pas avoir peur du vaccin qui est sûr et qui a très peu d'effets secondaires. Le bénéfice est largement en faveur du vaccin, qui est sûr", assure Jean-Paul Hamon

38 millions de premières doses

Pas de quoi convaincre Eddy qui n'en démord pas: "Les études ne sont pas finies et le vaccin n'est pas terminé", martèle-t-il malgré les 3 milliards de doses déjà injectées, les autorisations de mises sur le marché des autorités sanitaires et la transparence des autorités face aux risques liés au vaccin AstraZeneca notamment. La mise sur le marché des vaccins contre le Covid-19 avant la fin de la phase 3 n'est d'ailleurs pas une exception:

"Tous les médicaments mis sur le marché qui ont passé tous les tests nécessaires, et qui ont une autorisation de mise sur le marché, continuent d'être analysés et étudiés, c’est ce qu’on appelle la fin de la phase 3 et le début de la phase 4. Les tests qui ont été faits sont largement suffisants pour être certains de la sécurité de ce vaccin", rappelait d'ailleurs vendredi le médecin Yonathan Freund sur RMC.

Quant aux inquiétudes liées aux effets secondaires, jamais dans l'histoire des vaccins des effets indésirables n'ont été recensés à long-terme. En général, ceux-ci se manifestent dans la foulée de la vaccination comme les thromboses voire deux mois grand maximum après une injection. Un délai largement dépassé avec la vaccination contre le Covid-19.

En attendant la quatrième vague, la vaccination continue en France. Au 20 juillet, le ministère des Solidarités et de la Santé recensait 38.184.499 de personnes ayant reçu une 1ère injection et 31.310.025 de personnes bénéficiant d'un schéma vaccinal complet.

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Guillaume Dussourt