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Grève des infirmiers: "On ne peut pas faire de l'argent sur le dos des malades"

TEMOIGNAGE - Les infirmiers, mais aussi les aides-soignants, les agents administratifs et autres personnels hospitaliers sont appelés à se mobiliser mardi contre la dégradation de leurs conditions de travail et les pressions budgétaires, sources d'un "ras-le-bol" grandissant, selon leurs syndicats. Parmi les manifestants, Hélène, jeune infirmière rencontrée par RMC.

Infirmiers, aides-soignants, les agents administratifs et autres personnels hospitaliers… les blouses blanches sont dans la rue ce mardi pour protester contre la dégradation de leurs conditions de travail et les pressions budgétaires, sources d'un "ras-le-bol" grandissant. Fermetures de services, manque de personnels, accroissement de l'activité, course à la rentabilité… : les facteurs contribuant au mal-être, voire à l'épuisement des personnels, sont nombreux, selon leurs représentants.

Parmi les manifestants, Hélène une jeune infirmière du sud-est, qui après seulement deux ans dans le métier voit déjà ses conditions de travail se détériorer. "Il faut aller le plus vite, tout faire le plus rapidement possible et le plus efficacement possible", raconte-t-elle sur RMC. Mais cette efficacité se fait au détriment des patients estime-t-elle. "On passe entre deux et cinq minutes sur certains patients. Et c'est cette frustration de se dire que l'on a énormément de compétences, qu'on pourrait utiliser correctement mais on ne peut pas".

"On ne peut pas avoir un système de santé low-cost"

Hélène déplore aussi une importante surcharge de travail en raison d'un manque d'effectif dans les services. Et de livrer cette anecdote inquiétante: "J'étais seule, de nuit. Et quand on est seul, de nuit, avec 24 patients à charge, dont certains qui viennent de subir de grosses opérations, c'est très compliqué. Qu'est-ce qui se passe pour les patients si moi je fais un malaise et que je n'ai pas de collègue pour m'épauler?"

S'ajoute à cela les coupes budgétaires sur le matériel, le manque de seringues, de pansements… Pour Hélène, c'est tout un système de santé qui est en train de se dégrader: "Ce n'est pas de cette façon-là que j'ai envie de pouvoir travailler. On ne peut pas avoir un système de santé low-cost et on ne peut pas faire de l'argent sur le dos des personnes malades". Aujourd'hui, un infirmier ne reste, en moyenne, que sept ans en poste avant de changer de profession.

M.R avec Romain Poisot