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IHU de Marseille: à l'âge de la retraite et après de nouvelles prises de position controversées, Didier Raoult poussé vers la sortie

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- - Christophe ARCHAMBAULT / AFP

Alors que Didier Raoult veut continuer même s'il a atteint l'âge de la retraite, certains de ses pairs, excédés par ses prises de position controversées, veulent en profiter pour le pousser vers la sortie.

À la fin du mois, Didier Raoult ne sera plus professeur des universités et praticien hospitalier. Parce qu'il a 69 ans et qu'il a atteint l'âge de la retraite pour ce poste. Mais le scientifique souhaite tout de même poursuivre son activité au sein de l'Institut hospitalo-universitaire de Marseille, institut qu'il a fondé et qu'il dirige depuis 2011.

Didier Raoult a donc envoyé une demande de cumul emploi retraite à l'Assistance publique dont dépend l'institut. Mais cet aménagement pourrait lui être refusé, selon les révélations du journal Le Monde.

Pourquoi? Parce que certains dirigeants de l'Assistance publique-Hôpitaux de Marseille (AP-HM) et d'Aix-Marseille Université veulent lui trouver un successeur : "Il n'est pas raisonnable que l'IHU soit dirigé par quelqu'un qui n'est ni praticien hospitalier ni universitaire" explique François Crémieux, le directeur de l'AP-HM à nos confrères du Monde. "Il y a un besoin de tourner la page", dit-il.

Mais rien n'est encore acté. Il faut que la décision soit validée en conseil d'administration en septembre. Si c'est le cas : un appel d'offre sera lancé pour un recrutement d'ici 2022.

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Ses prises de positions dans le viseur également

Mais ce n’est pas le seul problème pour Didier Raoult. Ses prises de position controversées pendant la pandémie de Covid-19 n’y sont pas pour rien. Car les rapports entre le microbiologiste et une partie de la communauté scientifique marseillaise se sont beaucoup dégradés avec la pandémie:

"La question aujourd’hui c’est la place importante que prend la personnalité du professeur Raoult. Même si l’on reconnaît son indépendance d’esprit en tant que chercheur, on peut se poser la question aujourd’hui de son opposition systématique aux décisions qui sont prises notamment sa dernière prise de position, qui est un contresens total. On peut se poser la question lorsque l’on est directeur de l’Assistance publique des hôpitaux de Marseille (AP-HM) ou de la CME", assure à RMC Annie-Lévy Mozziconacci, médecin généticienne à l’AP-HM.

Dans le viseur notamment ses longues interviews publiées sur Youtube avec son confrère, le professeur Parola. Dans une vidéo diffusée récemment, ils affirment que le variant delta est moins "grave" que les précédentes souches. Ils estiment aussi que l'efficacité des vaccins face aux variants n'est pas établie, citant l'exemple de l'Islande, très vaccinée mais qui ferait face à une recrudescence des cas. S'il y a bien une augmentation, le nombre d'hospitalisations reste deux fois moins élevé que lors de la première vague sur l'île volcanique.

Le directeur de l'AP-HM, François Crémieux ne goûte pas trop à ces vidéos qui selon lui, nourrissent la sphère complotiste et les discours anti vaccins. Et ce dans un contexte sanitaire compliqué dans les Bouches-du-Rhône qui affrontent une 4e vague : 60 % des lits en réanimation dans les hôpitaux marseillais sont occupés par des patients Covid-19. Des évacuations vers la Bretagne sont prévues pour soulager les services.

L'IHU de Marseille affirme en tout cas que cette succession était prévue depuis trois ans, mais qu'elle a été repoussée avec la pandémie. Didier Raoult de son côté n'a pas souhaité réagir.

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Margaux Bourdin (avec Guillaume Dussourt)