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"Il galérait à respirer": 6 à 8 semaines d'avance pour l'épidémie de bronchiolite chez les enfants

La bronchiolite a de l'avance alors que de nombreux nourrissons l'ont évité l'année dernière en raison des gestes barrière, avec la crainte d'une surcharge dans les hôpitaux cette année.

La bronchiolite arrive avec de l'avance cette année. 9 nouvelles régions sont passées mercredi en stade épidémique: Auvergne-Rhône-Alpes, Bourgogne-Franche-Comté, Centre-Val-de-Loire, Hauts-de-France, Normandie, Nouvelle-Aquitaine, Occitanie, Pays-de-la-Loire, Provence-Alpes-Côte d’Azur.

La situation est déjà critique en Île-de-France et dans le Grand Est où les services de réanimation pédiatrique sont déjà remplis. En tout à travers le pays, 2.377 enfants de moins de 2 ans sont passés aux urgences la semaine dernière (parmi eux, 799 ont été hospitalisés), un chiffre en hausse de 33% par rapport à la semaine précédente selon le bilan de la DGS mercredi.

Pas de catastrophisme, mais les spécialistes sont vigilants, notamment à cause de la pénurie de personnel soignant. La bronchiolite touche chaque hiver près de 30% des enfants de moins de 2 ans et seuls 2 à 3% de moins de 1 an sont hospitalisés pour une forme plus sévère.

"Il galérait à respirer, il était essoufflé avec une respiration rapide"

La nuit de mardi à mercredi dernier a été un peu compliquée pour Eliott, 18 mois. Maxime, le papa, s'est vite inquiété, mobilise en urgence son pédiatre: 

"Il galérait à respirer, il était essoufflé avec une respiration rapide. Le pédiatre diagnostique assez rapidement une détresse respiratoire avec la bronchiolite, il a pu lui faire tout de suite un petit coup de ventoline qui a bien libéré le petit. Il va mieux, et court à nouveau dans tous les sens." 

"L'année dernière beaucoup d'enfants n'ont pas rencontré les virus"

Une épidémie plus précoce, qui revient en force après avoir été stoppée par les gestes barrière l'année dernière. Christèle Gras-Le Guen est la présidente de la société Française de pédiatrie.

"L'année dernière beaucoup d'enfants n'ont pas rencontré les virus. Ils n'ont pas été immunisés, et cette année la génération des 2020 va rejoindre celle des 2021 et rencontrer des virus pour la première fois."

A l'hôpital, on craint déjà la surcharge, comme l'explique Christophe Delacourt, chef du service pneumologie pédiatrique à l'hôpital Necker à Paris:

"On peut être inquiet car effectivement il y a quand même une tension sur le personnel soignant formé en pédiatrie, qui soit suffisamment en nombre pour prendre en charge ces hospitalisations"

Pour les plus de 3 mois, les pédiatres appellent les parents à privilégier d'abord la médecine libérale, avant de venir aux urgences.

Martin Cadoret (avec J.A)