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"Ils ont été suffisamment punis": Patrick Pelloux veut le retour des soignants non-vaccinés

Médecin urgentiste, Patrick Pelloux est favorable au retour au travail des soignants non-vaccinés contre le Covid. Il s'explique dans "Apolline Matin" ce vendredi, sur RMC et RMC Story.

Les soignants non-vaccinés contre le Covid, écartés depuis de nombreux mois, vont-ils être autorisés à revenir au travail ? L’avis de la Haute autorité de santé est attendu avant la fin de cette semaine, alors que l’Académie de médecine reste fermement opposée à cette possible réintagration et que le Conseil scientifique se dit "réservé". Pour Patrick Pelloux, médecin urgentiste au Samu de Paris, il faut que ces soignants non-vaccinés reviennent prêter main forte dans les hôpitaux.

"Avec la 4e dose qui va être redemandée, vous avez quand même beaucoup de soignants qui ne sont même plus sur le schéma vaccinal qui était souhaité, explique-t-il ce vendredi dans ‘Apolline Matin’ sur RMC et RMC Story. Il y en a qui ont eu une ou deux doses, certains qui ont eu une 3e dose, pas sûr d’ailleurs, et la 4e dose, quasiment pas. Vous ne savez pas qui a vraiment le schéma vaccinal qui est recommandé. Donc on patauge complètement. Par contre, dans les hôpitaux, le port du masque est toujours obligatoire, il y a toujours les gestes barrières. Ce qui est très bien pour protéger l’ensemble des malades, notamment sur les maladies nosocomiales. Il faut savoir faire preuve de mansuétude. On est dans une telle crise dans les hôpitaux. Si on reste sur 16.000 soignants et personnes qui travaillent dans les hôpitaux qui pourraient revenir, c’est toujours ça en période de crise."

"Il n’y aura pas de chasse aux sorcières"

"Quand vous êtes malade et sur un brancard aux urgences depuis 48 ou 72 heures, et qu’on n’arrive plus à ouvrir de lits, je pense que les personnels qui peuvent venir travailler sont tous souhaitables", ajoute Patrick Pelloux, qui ne craint pas une mauvaise réaction de la part des autres soignants, vaccinés. "A mon avis, ça se passera bien. Il n’y aura pas de chasse aux sorcières. La chose qui est certaine, c’est que les rattrapages financiers n’auront pas lieu. C’est normal. Si vous n’avez pas travaillé, vous n’êtes pas payé. Ils ont été suffisamment punis. Cette punition, cette éviction, sans justice d’ailleurs… Il faut arrêter cela."

Quant au devoir d’exemplarité des soignants, mis en avant par l’Académie de médecine, l’urgentiste ne veut pas qu’il prédomine face au manque de personnel dans les services hospitaliers. "L’exemplarité, c’est aussi l’Académie de médecine qui devrait la donner, estime Patrick Pelloux. Est-ce que tous ces chers académiciens sont vaccinés, par exemple ? C’est une espèce de vague de haine… Moi, je suis pour la vaccination, je pense que les soignants doivent se faire vacciner. Quand vous êtes soignant, vous devez être à l’image de l’état actuel de la science et appliquer la science. Il y a quelque chose d’antinomique entre être soignant et ne pas s’appliquer l’état actuel de la science. Mais là, nous sommes dans une telle crise dans les hôpitaux, nous vivons un état effroyable avec les services d’urgences qui sont tous saturés… Vous n’avez qu’à lire les faits divers, il y en a partout, des gens qui n’ont pas pu aller se faire soigner."

Laurent Picat Journaliste RMC Sport