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Joséphine, 19 ans: "J'ai avorté il y a deux ans. J'étais un peu inconsciente"

Aujourd'hui, c'est la journée mondiale de la contraception

Aujourd'hui, c'est la journée mondiale de la contraception - AFP

TEMOIGNAGE - Ce lundi est le jour de la journée mondiale de la contraception. L'occasion de faire un point sur la question de l'avortement. RMC a rencontré Joséphine, une Parisienne de 19 ans qui s'est fait avorter il y a deux ans. Elle pointe du doigt le manque d'informations fournies aux jeunes. .

A l'occasion de la journée mondiale de la contraception, la mutuelle étudiante SMEREP tire la sonnette d'alarme. Dans son enquête sur la santé des étudiants publiée le 5 septembre, elle montre qu'une lycéenne sur dix a déjà eu recours à une interruption volontaire de grossesse (IVG). Un chiffre qui grimpe à une sur six en Ile-de-France. Un acte qui n'est pas anodin pour la santé des femmes, qu'il soit médicamenteux (des médicaments stoppent la grossesse et déclenchent un fausse couche) ou pratiqué par aspiration à l'hôpital.

RMC a rencontré Joséphine, Parisienne de 19 ans qui s'est fait avorter il y a deux ans. Elle vivait une relation stable, prenait la pilule. Mais un week-end, elle l'a oubliée. "Le mois d'après, je n'ai pas eu mes règles, témoigne-t-elle. J'ai été faire un premier test acheté à la pharmacie. Il était positif. Ensuite, je me suis rendue au planning familial pour avoir plus d'informations et refaire un test". Enceinte d'un peu plus d'un mois, Joséphine décide de se fait avorter.

"Cela me semblait absurde"

Mais elle avoue aujourd'hui avoir été mal informée. "Finalement, il aurait peut-être suffit que pendant un certain temps je remette un préservatif pour être à nouveau protéger, ou que j'aille prendre la pilule du lendemain… Tout ça, je n'en avais aucune idée. J'étais un peu inconsciente, je me suis dit que ça ne pouvait pas m'arriver. Cela me semblait absurde". Absurde mais pourtant, en Ile-de-France, une lycéenne sur dix a donc déjà eu recours à l'avortement.

Pour le pédopsychiatre Alain Lazartigues, ce chiffre est la conséquence d'un manque de limites: "Il y a moins de cadrage parental, plus d'accès aux écrans et donc plus de découvertes de mondes fascinants et excitants. Les adolescents, d'une manière générale, en Ile-de-France sont beaucoup plus libres". Ainsi, en région parisienne, le premier rapport sexuel a lieu en moyenne à 16 ans.

M.R avec Mélanie Delaunay