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"Le Covid en tuera certains mais l’isolement les tuera tous": le coup de gueule de Sabrina dont la mère est confinée dans son Ehpad

Après une grève de la faim en avril dernier contre l’interdiction des visites dans les Ehpad, Sabrina demande désormais à ce qu'au moins une personne puisse voir les résidents confinés.

La seconde vague de Coronavirus se durcit. Et la situation dans les Ehpad aussi. Six résidents d'un établissement de l'Aveyron touché par le Covid-19 sont morts ces derniers jours, a annoncé ce lundi le maire de Sévérac-d'Aveyron sur RMC.

Les proches des résidents dénoncent le manque de moyen et la gestion de l'épidémie dans les Ehpad alors que les résidents sont semi-confinés ou parfois même totalement confinés : "On nous rejoue la même partition que lors de la première vague", déplore ce lundi sur RMC Sabrina qui avait entamé une grève de la faim en avril dernier contre l’interdiction des visites dans les établissements spécialisés. "Ma mère a été totalement reconfinée au mois d’août parce qu’il y a eu un cas de Covid-19 chez les résidents et deux chez le personnel. Où sont les mesures individualisées et ciblées qu’on nous a promis ?", s’interroge-t-elle alors que sa mère est dans un établissement public d’Île-de-France.

Et de préciser que le résident positif au Covid-19 au sein de l'établissement de sa mère, n'a pas été isolée en raison de son état de démence, pouvant se balader en toute liberté dans l'établissement.

Le droit de visite pour au moins un membre de la famille ?

"Le Covid-19 en tuera certains mais l’isolement les tuera tous. Les résidents sont quasiment des morts-vivants. Ceux qui pouvaient encore un peu parler et qui avaient encore leurs facultés mentales déraillent. Ceux qui pouvaient encore un peu marcher sont soit en fauteuil roulant ,soit directement dans les chambres. Nous les familles, on voit nos parents dépérir, le personnel fait ce qu’il peut mais ils ne sont pas assez nombreux. On en a marre qu’on nous mente", déplore-t-elle.
"Les conseillers que j’ai rencontrés au ministère m’ont pourtant assuré que des dérogations pouvaient être données. J’ai été assistante en réa volontaire pendant la première vague, je sais comment me comporter auprès des personnes malades je suis testée négative tous les mois et quand je demande une dérogation au ministère, on me répond 'Non'!".

Sabrina demande à ce qu'un proche-aidant par famille, respectant le protocole sanitaire puisse continuer à accéder aux visites et demande que les familles n'ayant pas respecté ces protocoles et ayant été identifiées soit interdites de visite.

Guillaume Dussourt