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Le Pape François appelle à accélérer l'aide aux pays pauvres pour l'accès au vaccin

LOUIS VA PLUS LOIN - Le Pape François a appelé dimanche à favoriser et accélérer la distribution de vaccins aux pays les plus pauvres. Pour l’instant, très peu en ont reçu.

Il faut un "internationalisme du vaccin", ce sont les mots du souverain pontife dimanche à Rome. Quelques semaines plus tôt, c’est l’OMS qui avait poussé le même cri : les inégalités entre pays riches et pays pauvres se creusent et la situation devient grotesque, avait dit son directeur, qui avait même parlé d’échec moral.

De fait, les chiffres sont clairs, toujours selon l’organisation mondiale de la santé : 0.1% des doses administrées dans le monde l’ont été dans les pays les plus pauvres, contre 56% dans les pays les plus riches.

Certains Etats, comme la Lybie, reçoivent tout juste leurs premiers vaccins, 36 les attendent encore et n’ont donc commencé à protéger ni leurs soignants, ni les plus fragiles.

L’enjeu n’est pas que moral, il est aussi sanitaire : selon les spécialistes, laisser courir le virus dans une partie du monde favorise le risque d’émergence de nouveaux variants, qui pourraient résister aux vaccins déjà existants et provoquer une nouvelle vague épidémique mondiale.

Pourtant, un mécanisme de solidarité avait été conçu pour éviter ces inégalités

Il s’appelle Covax, c’est un système international qui devait permettre d’aider 92 pays défavorisés à acquérir un peu plus d’un milliard de vaccins. Mais rien ne s’est passé comme prévu.

Ce dispositif reposait en grande partie sur les capacités de la plus grande usine du monde, en Inde, pas très loin de Bombay. Le Sérum institue of India devait fournir à Covax 500 millions de doses par an.

Le problème, c’est que les contaminations ont bondi dans le pays, que la production de doses a pris du retard, et que le gouvernement indien a donc décidé de bloquer certaines exportations pour fournir sa population en priorité. L’Inde est le troisième pays le plus endeuillé du monde, derrière les Etats-Unis et la Brésil.

En Europe s’est produit le même scénario. Les retards de livraison d’Astra Zeneca ont conduit Bruxelles à limiter l’envoi des vaccins. 

La Chine et la Russie sont donc sollicitées par le continent africain dans son ensemble et ont déjà livré quelques doses à la Mauritanie et à l’Afrique du Sud. Enfin le laboratoire américaine Johnson et Johnson a promis 400 millions de vaccins mais ils ne commenceront à arriver que cet été… 

Louis Amar (avec J.A.)