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Le rêve d'une éradication du sida d'ici 2030 risque de s'évanouir

L'instance de l'ONU chargée de la lutte contre le sida tire la "sonnette d'alarme" sur l'insuffisance des financements pour éradiquer l'épidémie d'ici 2030. "Un rêve qui risque de s'évanouir", s'inquiète sur RMC des médecins.

En 2017, 36,9 millions de personnes dans le monde vivaient avec le virus de l'immuno-déficience humaine (VIH), contre 36,3 millions en 2016, selon le rapport annuel de l'Onusida dévoilé ce mercredi à Paris. L'instance de l'ONU chargée de la lutte contre le sida tire la "sonnette d'alarme" sur l'insuffisance des financements. "Il manque 7 milliards de dollars par an (...) pour nous permettre de maintenir nos résultats", a déclaré à l'AFP son directeur exécutif, Michel Sidibé. En 2017, 36,9 millions de personnes dans le monde vivaient avec le virus de l'immuno-déficience humaine (VIH), contre 36,3 millions en 2016, selon le rapport annuel de l'Onusida dévoilé à Paris.

"Le sida ne fait plus peur"

Les associations alertent aussi sur une indifférence de la part des pouvoirs politiques et de la société civile. C'est le constat de Vincent Pelletier, directeur général de Coalition Plus, qui regroupe une centaine d'associations de lutte contre le VIH, dont AIDES. "On a l'impression que le sida s'est banalisé, puisque ça fait maintenant 30 ans qu'on connaît cette épidémie. Il y a eu une très forte mobilisation au début parce que le sida faisait peur. Mais on a l'impression que le sida fait moins peur aujourd'hui, alors que paradoxalement c'est maintenant qu'il faut se mobiliser pour arriver à l'éradiquer".

"On commence à voir les premiers signes de reprise de l'épidémie dans certains pays. On est loin encore de l'objectif, à savoir éradiquer cette épidémie d'ici 2030, donc on a besoin de plus d'argent. C'est au moins 7 milliards qui manquent pour traiter les personnes qui vivent avec le VIH."

"En France, 25.000 personnes ne savent pas qu'elles sont séropositives"

Pour le Professeur Pierre-Marie Girard, chef du service des maladies infectieuses à l'hôpital Saint-Antoine à Paris, c'est tout simplement le "rêve de voir l'épidémie éradiquée qui pourrait s'évanouir" si rien n'est fait. "Il y avait une époque où on n'avait pas les moyens de contrôler l'épidémie. Or, maintenant on a les moyens techniques, on sait comment faire, mais on n'a pas les moyens financiers. Même dans un pays comme la France, il y a encore 25.000 personnes - c'est considérable - qui ne savent pas qu'elles sont séropositives, parce qu'elles n'ont pas eu accès au test (de dépistage). Il y a une perception que le problème est réglé, mais il n'est pas réglé du tout."

P. G. avec Anaïs Bouitcha