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Livres, jeux vidéo, DVD: ces produits d'Amazon que la justice interdit désormais de livrer

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Le tribunal judiciaire de Nanterre a ordonné mardi à Amazon France d'établir une évaluation des risques inhérents à l'épidémie de Covid-19 pour tous ses entrepôts et de restreindre en attendant son activité aux seuls produits essentiels.

Coup de frein chez Amazon. La branche française d'Amazon ne devra livrer que des produits essentiels, c'est à dire d'hygiène, médicaux ou alimentaires sous peine d'une amende d'un million d'euro par jour. Et pourtant, ces commandes ne représentaient que 10% des commandes aujourd'hui. Cette restriction s'applique "dans les 24 heures" et pour un mois. D'ici là, Amazon devra avoir conduit l'évaluation des risques avec les représentants du personnel.

Fini donc les jouets, livres ou encore DVD: la justice estime qu'Amazon a "de façon évidente méconnu son obligation de sécurité et de prévention de la santé des salariés" dans ses six entrepôts français. Amazon avait annoncé le 21 mars cesser ses commandes "moins prioritaires" pour privilégier les produits d'hygiène ou de base pour la maison.

Que reproche la justice à Amazon?

Des portiques qui équipent tous les sites, "une source de contamination importante" aux heures de pointe, la manipulation des colis par plusieurs intervenants, les situations de travail rapprochées...: des sources de contamination multiples qui favorisent la propagation du virus, estiment aussi les syndicats qui avaient déposé plainte.

Surtout, le tribunal reproche à Amazon de n'avoir produit "aucun procès-verbal de réunions des CSE (comité social et économique) ni du CSE central depuis le début de l'épidémie". La justice ordonne aussi à Amazon d'évaluer d'ici un mois les risques liés au Covid-19, mais avec les organisations syndicales, ce qu'elle n'avait pas fait. 

Amazon n'a-t-il rien fait?

Amazon, "en désaccord avec la décision", a indiqué faire appel. "Nous évaluons actuellement ses implications pour nos sites logistiques français", ajoute le groupe dans un communiqué.

Amazon, qui employait en février près de 6.500 salariés en CDI et 3.600 intérimaires dans ses six entrepôts français, assure avoir distribué sur ses sites "plus de 127.000 paquets de lingettes désinfectantes, plus de 27.000 litres de gel hydroalcoolique, ainsi que plus de 1,5 million de masques" et avoir "mis en place des contrôles de température et des mesures de distanciation sociale" notamment.

Amazon "n'est pas resté les bras croisés" depuis le début de l'épidémie, reconnaît Laurent Degousée, codélégué du syndicat SUD-Commerce à l'origine de la plainte (portée par l'Union syndicale Solidaires) dans une conférence de presse téléphonique. Mais l'entreprise a procédé à "un empilage de mesures sans aucune évaluation". Ainsi, les prises de température de salariés à l'entrée des sites occasionnent des queues, et donc des contacts favorisant une éventuelle contamination, souligne-t-il.

Gwladys Laffitte avec Xavier Allain