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Moi, Dominique, dépressif: "ça a été pénible à entendre, à accepter"

La dépression est désormais la première cause d'incapacité dans le monde, a déclaré jeudi l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) qui estime qu'environ 322 millions de personnes dans le monde souffrent de cette maladie dont le taux a augmenté de plus de 18% depuis 2005.

La dépression est la première cause de morbidité et d’incapacité dans le monde. Selon les dernières estimations de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), plus de 300 millions de personnes dans le monde vivent désormais avec ce problème, soit une augmentation de plus de 18% de 2005 à 2015. Face à ce constat, l'organisation onusienne souligne la nécessité pour tous les pays de "repenser leur approche de la santé mentale et de la traiter avec l'urgence qu'elle mérite". Car malheureusement, beaucoup de préjugés persistent sur cette maladie qui est parfois mal comprise dans notre société.

Une maladie diagnostiquée il y a huit mois à Dominique: "On a mis un mot sur des maux. Même si ça a été pénible à entendre et à accepter, explique-t-il. J'avais dissimulé cette dépression, je l'avais gardée en moi…" Mais malgré sa dépression, cet ergothérapeute n'a jamais arrêté de travailler. Pourtant, tout cela a un coût: "Je fais des prêts pour payer ma thérapie, assure-t-il. C'est un chemin de titan".

"La dépression est mal diagnostiquée, mal soignée"

C'est pourquoi le docteur Alain Meunier estime qu'il faut traiter la dépression avec l'urgence qu'elle mérite: "Il y a une certaine honte de la dépression, argumente-t-il. La dépression est mal diagnostiquée, mal soignée et est mal prévenue" Et pourtant, chez les personnes dépressives, les insomnies, les troubles de la temporalité, les envies suicidaires, les pertes d'énergie ou encore les douleurs morales peuvent entraîner des arrêts de travail à répétition ou des mises en retrait par rapport à la société.

"Il y a des économies monstrueuses à faire de côté-là, avance le docteur Meunier. En soignant les gens, en prévenant la dépression autrement que par des petits manuels que l'on distribue et que personne ne lit. Les antidépresseurs ne coûtent pas si chers que cela. Ce sont les répercussions qui sont terriblement chères". La sécurité sociale dépense d'ailleurs chaque année plus de 800.000 millions d'euros pour indemniser les arrêts de travail liés aux dépressions et aux fatigues musculaires.

M.R avec Charlotte Peyronnet