RMC

Nouvelle cyberattaque visant un hôpital: "Une nouvelle manière de faire la guerre", selon un directeur

Richard Delepierre, maire du Chesnay-Rocquencourt, et co-président du conseil de surveillance du centre hospitalier de Versailles a fait le point ce lundi matin sur RMC sur la cyberattaque massive visant l'institution.

Nouvelle cyberattaque en France visant le monde de la santé. Après l'hôpital de Corbeil-Essonnes cet été, la mairie de Caen en septembre, c'est au tour du centre hospitalier de Versailles d'être victime d'une attaque informatique.

Le piratage s'est produit dans la nuit de samedi à dimanche. Une cellule de crise a été ouverte et le plan blanc déclenché. La cyberattaque vise la totalité du centre hospitalier, dont l'hôpital André-Mignot (au Chesnay-Rocquencourt), la maison de retraite Despagne et l'hôpital Richaud (à Versailles). Depuis samedi soir, il y a "déjà eu six transferts de patients", "les plus lourds" comme l'a expliqué le ministre de la Santé François Braun.

"Trois quarts des serveurs sont à l’arrêt, ça n’empêche pas l’hôpital de fonctionner mais forcément ça ralentit les opérations", témoigne ce lundi matin sur RMC Richard Delepierre, maire du Chesnay-Rocquencourt, et co-président du conseil de surveillance du centre hospitalier de Versailles, alors que la majorité des personnels sont retournés au "papier-crayon".

"On ne paiera pas la rançon"

Alors qu'une enquête a été ouverte par la gendarmerie, Richard Delepierre estime que l'attaque n'est pas le fait de simples malfrats.

"Ce n'est pas le fruit du hasard. Je crois qu'on est en face d'une nouvelle manière de faire la guerre. Ce n'est pas une attaque isolée ou une opération de quelques hackers. C'est une opération délibérée de la même nature que l'attaque visant Corbeil-Essonnes", juge-t-il.

Il faut ainsi mieux protéger les équipements vitaux de santé selon lui, assurant qu'aucune rançon ne sera payée. "On veut maintenant l'assurance qu'on ne fait prendre aucun risque aux patients. 6 patients dont 3 nouveaux-nés ont été transférés car on ne voulait pas prendre le risque que le virus se propage et mette leur vie en péril."

Le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire pour tentative d'extorsion, accès et maintien dans un système numérique mis en oeuvre par l'Etat, introduction de données et entrave à ce système, le tout en bande organisée. Une plainte a été déposée par l'hôpital dimanche.

J.A. et Alexandra Sirgant