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Nouvelles mesures contre le tabac de contrebande: "1 paquet sur 4 est vendu à la sauvette"

Sophie Lejeune, secrétaire générale de la confédération des buralistes, estime que la mesure visant à sanctionner les acheteurs de tabac de contrebande ne peut être que positive.

Va-t-on sanctionner le portefeuille des acheteurs de cigarettes de contrebande ? C'est l'idée de l'amendement examiné ce jeudi à l'Assemblée Nationale dans le cadre de la loi de programmation 2018-2022 et de la réforme de la justice. Un amendement déposé par la députée LREM du 5e arrondissement de Paris, Elise Fajgeles.

Les acheteurs risqueront une amende de 2ème classe, d'un maximum de 150€, s'ils sont pris sur le fait en train d'acheter des cigarettes ou du tabac de contrebande. Une disposition qui n'a encore jamais été testée. L'objectif est de responsabiliser les acheteurs qui se fournissent sur le marché noir.

"Les vendeurs à la sauvette se mettent parfois devant les bureaux de tabac"

Sophie Lejeune, secrétaire générale de la confédération des buralistes, était l'invitée de Jean-Jacques Bourdin ce jeudi matin pour évoquer cette mesure attendue avec impatience par la profession. 

"On estime qu'un paquet sur quatre est acheté en dehors du réseau légal. Nous avons des revendeurs à la sauvette qui parfois se mettent même devant les établissements des buralistes. Ca peut être des cigarettes dont on ne connaît pas la composition. Ou alors des cigarettes braquées lors de livraisons."

"La boucle serait bouclée"

Car au delà "d'alimenter les réseaux criminels", les acheteurs mettent aussi sur santé en danger selon la députée à l'origine du texte. Cela permettrait aussi de protéger les buralistes, pénalisés par cette concurrence. Sophie Lejeune qui gère un bureau à Béziers, semble ravie de la mesure.

"Voir que le vendeur et l'acheteur qui peuvent être pénalisés... la boucle serait bouclée", se satisfait-elle. "A Béziers nous sommes à une heure de l'Espagne. Les lundis on peut carrément fermer nos commerces car les particuliers vont s'approvisionner là-bas."

Dans la perspective du paquet à dix euros, les buralistes ont toutefois compris qu'il fallait élargir le spectre des buralistes qui ne peuvent plus se contenter de ne vendre que du tabac. 

J.A. avec Bourdin direct