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"On a moins de lits de réa qu'avant l'épidémie": le plan blanc réactivé dans certains hôpitaux

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Les hôpitaux craignent toujours de voir une vague de malades du Covid-19 remplir leurs services. Le porte-parole de l'association des médecins urgentistes de France déplore lui que rien n'a été fait après le confinement alors qu'un retour de l'épidémie était prévisible.

On recensait samedi 13.498 nouveaux cas de Covid-19 et 26 nouveaux décès en 24 heures, tandis que 3.853 personnes hospitalisées cette semaine. Et les hôpitaux se préparent à un afflux de patients dans les prochaines semaines.

L'agence régionale de santé d'Ile-de-France et le CHU de Montpellier ont réactivé hier le niveau 1 du plan blanc, qui permet d'organiser et de mutualiser les moyens en personnels et en lits dans les établissements hospitaliers, en cas d'affluence de patients.

Un plan blanc qui doit permettre aux hôpitaux de recentrer leur activité autour du Covid-19, détaille Eric Maury, professeur de médecine intensive-réanimation à l'hôpital Saint-Antoine à Paris : "On va arrêter des interventions non-indispensables et on va sans doute être amenés à ré-ouvrir des unités de réanimation et d’hospitalisation Covid qui avaient été fermées".

"On a eu quatre mois de répit et rien n’a été fait pour préparer l’hôpital à une augmentation d’activité prévisible"

Sur le papier, ce plan permet d'optimiser les ressources des hôpitaux. Mais pour Christophe Prudhomme, porte-parole de l'Association des médecins urgentistes de France, le gouvernement n'a pas tenu ses promesses : "Le problème qu’on a aujourd’hui à l’hôpital, plan blanc ou pas, c’est qu’on a eu quatre mois de répit et rien n’a été fait pour préparer l’hôpital à une augmentation d’activité qui était prévisible".

Il estime même que ces établissements sont dans une situation encore plus critique qu'au début de la crise : "On est sur le fil de rasoir, on travaille à flux tendu, on a moins de moyens, on est revenu à un nombre de lits de réanimation inférieur au début de la crise, faute de personnel suffisant". Pour lui les hôpitaux doivent pouvoir ouvrir plus de lits, embaucher et placer les personnels de santé dans les services en tension.

Camille Schmitt (avec Guillaume Dussourt)