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"On arrive à des situations carcérales": une fille de résidente d'Ehpad dénonce "l'autoritarisme" de certains directeurs

Certains Ehpad ressemblent plus à des prisons qu'autre chose dénonce une fille de résidente ce mercredi matin sur RMC.

Sabrina Deliry, fille d’une résidente d’Ehpad, n’a pas vu sa mère depuis trois semaines et ne peut plus accéder à sa chambre depuis août. Elle dénonce ce mercredi matin sur matin des situations trop disparates selon les établissements, et regrette que le protocole national ne soit pas appliqué partout, ou soit appliqué avec trop de dureté par certains directeurs.

"La réalité c’est que chaque directeur fait ce qu’il veut et on arrive à des situations carcérales. (...) Les visites sont organisées en salle commune sous surveillance, avec d’autres visiteurs autour, avec un temps défini une fois par semaine. C’est comme le parloir de la prison.""

"Ils estiment qu’elle n’est pas assez handicapée, en gros elle arrive a tenir une fourchette donc elle n’aurait pas besoin d’aide"

Sabrina Deliry témoigne de la difficulté que cela engendre pour le moral des résidents comme sa mère pour qui, depuis mars, "c'est la dégringolade".

"On est conscients du risque, on soutient le personnel, mais les proches aidants nous avons toujours été là pour apporter de l’aide du rangement du ménage, on a demandé à pouvoir continuer à avoir accès aux chambres de nos parents dans le respect des règles sanitaires, ça nous est refusé. Ma mère est effondrée, c’est la dégringolade depuis mars. Elle est hémiplégique elle a besoin d’aide pour tout. En gros ils estiment qu’elle n’est pas assez handicapée, en gros elle arrive a tenir une fourchette donc elle n’aurait pas besoin d’aide."

"L’autoritarisme et le manque d’humanité de certains directeurs sont indignes"

Elle concède et assume totalement de passer pour une "emmerdeuse" comme elle dit, mais assure qu'elle continuera à se battre pour que les personnes dans le même cas qu'elle puisse avoir accès à leurs parents isolés.

"Nos parents continuent à crever d’isolement, de glissement, de chagrin. On a les morts Covid-19, mais pas le chiffre du glissement. Il y a des résidents qui se laissent mourir. On est désemparés, en colère. (...) On ne peut pas continuer à laisser nos parents crever et c’est exactement ce qui se passe. L’autoritarisme et le manque d’humanité de certains directeurs sont indignes"
J.A.