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Plan de déconfinement: les soignants sceptiques et inquiets d'une seconde vague

Soignants et aide-soignants sont inquiets d'une possible seconde vague en voyant en voyant les mesures d'assouplissement progressif du déconfinement.

Le Premier ministre l’a dit hier dans son discours. "Notre système hospitalier a tenu", mais "le risque d’une seconde vague, qui viendrait frapper un tissu hospitalier fragilisé, est un risque sérieux".

En première ligne face à ce coronavirus, les soignants sont plutôt sceptiques face au plan de déconfinement présenté mardi par le Premier ministre, et partagent sa crainte de voir un nouvel afflux de patients.

"Les gens vont sortir beaucoup plus, on va se contaminer les uns les autres, c'est évident"

Avec ces mesures, la seconde vague est inévitable pour Céline, aide-soignante à la Pitié-Salpêtrière à Paris. Et ce, qu'importe les restrictions de déplacement imposées après le 11 mai.

"Pas plus de 100 km... Mais un km ça suffit ! Même 200 mètres. Les gens vont sortir beaucoup plus, on va se contaminer les uns les autres, c'est évident."

Un sentiment partagé par Laura. Cette infirmière doute de la capacité de la population à se responsabiliser dans moins de deux semaines.

"Quand on voit qu'il n'y a plus de confinement, je vois dans mon quartier à Paris que beaucoup de gens continuent à sortir. Il y a un gros risque de seconde vague, ça nous rassure pas du tout. On commence seulement fermer des salles de Covid, mais on a peur d'y replonger très rapidement."

"Ce n'est pas l'engagement des Français qui m'inquiète mais les moyens mis derrière"

Claire, elle aussi infirmière, estime que l'Etat a un rôle à jouer pour mieux accompagner les français vers le déconfinement.

"Beaucoup de gens ne savent pas porter le masque, le portent à l'envers, plus de quatre heures, mettent leurs doigts dedans... C'est plus ça qui m'inquiète, c'est pas l'engagement des Français qui m'inquiète mais les moyens mis derrière. Il faut porter des masques, oui mais de manière correcte."

Tous les soignants s'inquiètent aussi de voir arriver, une fois le confinement terminé, tous les autres malades... qui n'ont pas été pris en charge depuis le début de la crise...

Caroline Philippe (avec J.A.)