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PMA: "Je ressens de la colère d'être obligée d'aller à l'étranger pour avoir un enfant"

Le Comité consultatif national d'éthique (CCNE) rend ce mardi un avis très attendu sur la PMA (procréation médicalement assistée), notamment pour les couples de femmes et les femmes célibataires, qui n'y ont pas accès actuellement. RMC a rencontré Stéphanie, en couple avec Justine, qui est en Espagne pour sa première PMA.

La PMA bientôt ouverte à toutes les femmes? Le Comité consultatif national d'éthique va rendre son avis ce mardi sur la question. Si la procréation médicalement assistée est autorisée pour les couples qui ne peuvent pas avoir d'enfant, elle est interdite aux couples homosexuels et aux femmes seules.

Mais cela n'empêche pas certaines femmes d'y avoir recours dans les pays qui l'autorisent. RMC a rencontré Stéphanie. La jeune femme de 25 ans est en Espagne depuis lundi pour une PMA qui aura lieu mercredi. C'est sa première insémination à l'étranger. Un procédé qui n'était pas vraiment son premier choix.

En couple avec Justine, elle a tout essayé pour avoir un enfant à leur manière: "On a commencé en septembre 2015 par des inséminations artisanales à la maison avec un homme qu'on ne connaissait ni d'Eve ni d'Adam. On avait vraiment l'impression qu'on tournait en rond et que ça ne marcherait jamais, c'est pour ça qu'on s'est tournées vers l'Espagne".

La PMA ouverte à toute changera-t-elle la donne?

Stéphanie est donc suivie à la fois par un gynécologue espagnol mais aussi par un gynécologue français: "On se sent stressée parce qu'on se retrouve face à deux gynécos et on se retrouve avec deux discours différents, deux avis différents, donc assez stressée. Je ressens aussi de la colère d'être obligée d'aller à l'étranger. En même temps, j'ai accepté la situation".

Mais d'après Stéphanie, l'autorisation de la PMA pour les couples homosexuels ne changerait pas grand-chose en pratique: "On ne sera pas prioritaires sur les couples hétéros parce qu'il n'y a pas assez de donneurs de sperme, il y a des listes d'attente pour les hétéros. Du coup, forcément, il y aura une liste d'attente encore plus dingue. On envisage un deuxième enfant pour dans deux-trois ans et je pense qu'on se redirigera vers l'étranger".

Aujourd'hui on estime que plus de 2.000 bébés de femmes françaises sont conçus en Espagne.

Romain Poisot (avec P.B.)