RMC

"Pour l'instant, j'accepte tout": avec la crise sanitaire, la galère des jeunes diplômés

-

- - -

L’Association pour l’emploi des cadres (APEC) voit 3 fois plus de jeune frapper à sa porte par rapport à 2019. Elle a mis en place des ateliers pour accompagner ces nouveaux entrants sur le marché du travail.

"Mieux connaitre le marché du travail, savoir se mettre en valeur", pendant 3 heures, Elisa 23 ans est venue se former à mieux chercher un emploi au sein de l'APEC, l'Agence pour l'emploi des cadres.

Cette jeune parisienne cherche une entreprise pour son alternance en marketing: "Je me suis dit que le marketing était quelque chose d'ouvert et accessible mais en fait ce n'est pas du tout le cas". Après plusieurs mois de recherche dans succès, Elisa est prête à revoir ses exigences salariales à la baisse: "Pour l'instant, j'accepte tout. Si on me propose 1500 euros je prends, avant c'était plus 2000-2500 euros".

Car le marché est beaucoup plus tendu cette année en raison de la crise sanitaire. On recense 42% d'offres en moins entre janvier et août en 2020, par rapport à la même époque en 2019. Conséquence, trois fois plus de jeunes diplômés qu'en 2019 ont frappés à la porte de l'APEC cette année.

Le formateur d'Elisa, Jacques Million, ne peut que constater les difficultés auxquelles ces jeunes font face: "Il y a plus de stress. Là il y a une baisse extraordinaire du nombre d'offres publiées donc il y a forcément moins plus de concurrence et plus de difficultés à obtenir un entretien".

Revoir ses objectifs et son projet professionnel pour se donner plus de chances

Un marché de l'emploi tendu qui ne doit pas désespérer ces jeunes explique la responsable du centre Christine Brunin:

"Si je pouvais donner des conseils aux jeunes diplômés, ce serait de savoir ouvrir de petites portes pour sortir par des grandes, revoir leur position par rapport à leur salaire, par rapport à leur métier ou un secteur d'activité. Leur donner donc la possibilité d'intégrer un poste qui leur permettra d'élargir leurs compétences et d'être en capacité de rebondir sur leur projet professionnel initial".

L'industrie, par exemple la filière automobile mais aussi les services, font partis des secteurs les plus touchés par la crise. Chez les moins de 25 ans, le taux de chômage a progressé de 2,8 points, au troisième trimestre.

Mahauld Becker-Granier (avec G.D.)