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S'occuper d'un proche malade, "des sacrifices" et un coût financier: 2.000 euros par an en moyenne

Les deux tiers des aidants, ces personnes qui s'occupent de leur proche malade ou en perte d'autonomie, dépensent en moyenne de 2.049 euros par an, selon une enquête Opinion way, que RMC vous dévoile ce jeudi. Des aidants qui consacrent en moyenne 16h par semaine à l'un de leurs proches, avec parfois des répercussions au niveau professionnel, comme l'explique une aidante rencontrée par RMC.

S'occuper d'un proche malade ou en perte d'autonomie, ça coûte cher et ça prend du temps. Au quotidien 8,3 millions de Français s'occupent d'un de leur proche. Des "aidants" dont les deux tiers dépensent en moyenne 2.049 euros par an, selon une enquête CARAC - Opinion Way, que RMC vous dévoile ce jeudi. L'étude révèle que l'entraide familiale ne faiblit pas malgré la crise, au contraire. Soutien moral, présence physique, démarches administratives, achats de médicaments ou promenades… Un aidant consacre en moyenne 16h par semaine à l'un de ses proches, selon l'étude. Un rôle évident, naturel, et même un devoir pour 73% des aidants.

"200 à 300 euros par mois"

RMC a rencontré Lina, qui a aidé son père malade avec ses quatre frères et sœurs. Pendant plus de 5 ans, chaque mois, elle déboursait une somme considérable pour participer aux frais de santé. "Le reste à charge, en moyenne, représentait entre 200 et 300 euros par mois pour chacun. A cela s'ajoute les frais de transport, la rénovation de la salle de bains…". Après le décès de son père, elle s'occupe aujourd'hui de sa maman, qui vit à 800 km d'elle. "Avec mes frères et sœurs nous avons mis en place une organisation nouvelle pour pouvoir prendre en charge ma mère aujourd'hui et planifier les années à venir différemment". Et cela implique forcément des sacrifices: "moins de week-ends, moins de restaurants et des vacances un peu moins loin", raconte-t-elle.

"Un grand sentiment d'isolement"

Si Lina peut compter sur le soutien de ses frères et sœurs, plus d'un tiers des aidants (33%) se débrouillent tout seul, avec parfois "un grand sentiment d'isolement", comme le rappelle Claudie Kulac, présidente de la Compagnie des aidants. Un investissement qui a également des répercussions sur la vie professionnelle et personnelle des aidants. "En moyenne les aidants passent 16h par semaine pour s'occuper de leur proche. C'est considérable", relève Bernard Altariba, directeur de la CARAC, responsable de l'étude.

"C'est plus de 2h par jour. Et s'ils habitent à 50 km de leur proche, ils ont des frais d'essence. A cela s'ajoute des frais pour les restes à charge de frais de santé qui ne sont pas remboursés, l'aménagement du domicile. La plupart des aidants travaillent encore ou essayent de travailler, donc il y a un isolement, il y a des problèmes au niveau professionnels ou financier".

"Ça vous tombe dessus à l'improviste et c'est très lourd. C'est quelque chose qu'il faut, non pas anticiper, mais préparer", explique Bernard Alatariba. Pour 60% des Français, l'épargne est d'ailleurs le meilleur moyen de protéger sa famille. Des aidants qui, depuis le 1er janvier, bénéficient d'un congé de répit pour souffler un peu.

P. Gril avec Pauline Baduel