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Salariés aidants: comment combiner vie professionnelle et accompagnement d'un malade?

C'est la septième journée nationale des aidants

C'est la septième journée nationale des aidants - AFP

TEMOIGNAGE - Ce jeudi, c'est la septième édition de la journée nationale des aidants, soit près de 11 millions de personnes en France qui accompagnent un proche malade ou en perte d'autonomie. Mais, aujourd'hui, il est de plus en plus difficile d'associer vie professionnelle et accompagnement d'un proche malade. C'est le cas de Maryline, qui n'a plus minute pour penser à elle.

Souffler, prendre cinq minutes, cela fait plusieurs jours que ce n'est pas arrivé à Maryline. Car, en plus de son métier de fonctionnaire territoriale dans une mairie du Vaucluse, cette femme de 39 ans s'occupe de sa mère, atteinte de la maladie de Parkinson. Ce qui lui fait des journées à rallonge. "Lorsque je travaille, je me lève vers 5h20 pour être chez ma mère vers 6h00 et pouvoir la lever, témoigne-t-elle sur RMC. Sachant que je dois être au travail à 8h00… Je retourne chez ma mère le soir. Ce qui me fait donc des journées de quinze heures. De très, très grosses journées…"

Maryline a d'ailleurs été arrêtée quelques jours par son médecin, pour épuisement. Une situation difficile à gérer et qui se ressent dans son travail. "Je suis très, très fatiguée. Je conduis un véhicule pendant mes heures de travail et je me suis déjà endormie au volant, confie-t-elle. Je n'ai pas beaucoup d'entrain. J'ai tendance à m'énerver dans des situations qui ne sont pas forcément stressantes. Un de mes supérieurs hiérarchiques m'a proposée de travailler 4j/5, pour pouvoir prendre une journée pour me reposer. Mais financièrement c'est difficile et je sais très bien que cette journée-là, je ne la garderai pas pour moi".

Des résultats positifs dans les pays anglo-saxons

Des employeurs, des entreprises qui auraient tout intérêt à proposer des solutions adaptées à ces employés, selon Olivier Morice, le président de la journée nationale des aidants. "C'est intéressant pour les entreprises tant au niveau des résultats humains que des résultats financiers, argumente-t-il. Cela réduit aussi l'absentéisme et les arrêts maladies, cela a un impact sur la productivité et l'amélioration du travail d'équipe comme le prouvent les enquêtes menées dans les pays anglo-saxons. Les résultats montrent que les entreprises qui s'occupent vraiment de leurs aidants ont des bénéfices financiers et en qualité de vie au travail".

Alors qu'en France, un aidant-salarié sur cinq (21%) préfère taire sa situation à son employeur pour ne pas perdre de reconnaissance professionnelle, chez l'Oréal, parmi les dispositifs mis en place, la plateforme Responsage met en relation sur internet ou par téléphone un conseiller avec le salarié-aidant pour lui proposer des solutions adaptées à sa situation. Laurence, employée du groupe, les a contactés lorsqu'elle a découvert que son père était atteint de la maladie d'Alzheimer en août dernier. "Je travaille à la direction des relations sociales et j'avais entendu parler de ce service. Ils m'ont répondue et m'ont donnée toutes les informations nécessaires autant sur les aides que sur les associations autour de chez mes parents pour pouvoir aider mon père, souligne-t-elle. Et ce alors même que mes parents habitent dans un village très isolé. Cela m'a permis de gagner un temps fou parce que je ne savais pas à quelle porte taper".

M.R avec Gwenaël Windrestin