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Salle de shoot à Paris: "Si ça permet de ne pas retrouver dans ses escaliers un drogué qui se pique…"

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Après des mois de polémiques, la première "salle de shoot" française a été "inaugurée" ce mardi à l'hôpital Lariboisière, à Paris, par la ministre de la Santé, Marisol Touraine, et la maire de Paris, Anne Hidalgo, avant son ouverture au public vendredi. Si certains riverains sont encore vent debout contre cette salle, d'autres, ont assoupli leur position et ne voient plus d'un si mauvais œil cette ouverture.

Permettre un "shoot" en toute sécurité et favoriser la lutte contre les maladies transmissibles comme le sida, tout en faisant de la prévention. La première "salle de shoot" française ouvre ses portes ce vendredi à l'hôpital Lariboisière, dans le 10e arrondissement de Paris. La ministre de la Santé, Marisol Touraine, et la maire de Paris, Anne Hidalgo, l'ont visité ce mardi, se félicitant de l'aboutissement de ce projet polémique. Et même si la mobilisation a forcément diminué avec l'ouverture de la salle, l'amertume elle, reste. "On a un peu de dépit d'avoir fait tout ça pour pas grand-chose, se désole Chantal. Mais on a surtout beaucoup de craintes parce qu'on a l'impression que c'est mal organisé. Quand vous voyez que la salle va être ouverte sept heures par jour, on se demande comment ça va se passer quand elle sera fermée. Ils ne sont pas capables de nous répondre". Clothilde, membre du collectif anti-salle de shoot, a des mots plus durs encore pour dénoncer cette ouverture.

"On va sacrifier un quartier qui va devenir une zone de non droit, un no mans'land avec de plus en plus de toxicomanes dans le quartier, de règlements de compte entre dealers. Je ne me sens pas vivre dans ce quartier là et je pense partir".

"On va sacrifier un quartier"

Mais tous les riverains ne sont pas si hostiles à la salle de shoot. Depuis sa fenêtre Karine a une vue plongeante sur les 400 m2 de la salle de consommation installée juste de l'autre côté de la rue. Au départ, farouchement opposée à ce projet, elle est aujourd'hui plus optimiste et espère que cela améliore la situation de son quartier. "Si ça permet de ne plus tomber, comme cela m'est arrivé en poussant la porte de son immeuble, sur quelqu'un qui se pique, qui a l'aiguille dans le bras, ou de ne plus retrouver de coton plein de sang sur les escaliers avec les enfants qui passent… Oui, ça c'est l'espoir premier". Paris sera en tout scruté à la loupe, des salles de shoot devant s'ouvrir à Strasbourg et Bordeaux.

Philippe Gril avec Jean-Baptiste Durand