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Santé: des perruques mieux remboursées pour les malades du cancer

Pas un "luxe" ni une "coquetterie": certaines perruques destinées aux femmes atteintes de cancer seront mieux voire intégralement remboursées par la Sécu à partir de mardi. Une avancée pour les associations, qui regrettent toutefois le déremboursement des prothèses haut de gamme.

C'est une injustice sociale, qui trouve une réponse. A partir de ce mardi, certaines perruques destinées aux personnes atteintes de cancer seront mieux, voire totalement remboursées par la sécurité sociale.

Atteinte d'un cancer du sein, Sylvia a perdu ses cheveux en fin d'année dernière: "Je ne voulais pas me regarder, mon mari m'a dit qu'il fallait que je me regarde. Et l'effet que ça m'a fait, c'est peut-être un peu fort, mais je me suis vue dans un camp de concentration. C'était une autre personne"

Sylvia évite encore les miroirs. D'où l'importance de la perruque, mais pour la jeune femme, jusqu'ici les remboursements de la sécu, 125 euros, c'était ridicule: "A ces prix-là, ce sont des prothèses qui sont très moches, mal finies, et qui font mal au crâne".

Alors que ce remboursement passe à 350 euros, c'est un vrai geste pour Véronique Mingot. Elle tient une boutique à Paris, qui propose des accessoires pour les femmes malades: "350 euros, ça laisse un peu de choix. On peut avoir quelque chose de sérieusement fait, avec des cheveux synthétiques de qualité".

"Ce qui est important, c'est de se voir moins malade"

Et ces perruques ont une importance considérable, la vendeuse s'en rend compte tous les jours: "Si elle se trouve belle, qu'elle retrouve ses expressions, elle vivra bien mieux sa maladie. Ce qui est important, c'est de se voir moins malade pour aller de l'avant".

Seul bémol, dorénavant la Sécu remboursera correctement les perruques en matières synthétique, mais très mal celles en cheveux naturels bien plus chères, dont les prix vont de 800 à 2.000 euros.

Chaque année, environ 50.000 patients recourent à des prothèses capillaires: des femmes dans plus de neuf cas sur dix, pour des prix parfois exorbitants, bien au-dessus du forfait de 125 euros jusqu'alors pris en charge par l'Assurance maladie.

Thomas Chupin avec Paulina Benavente