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Service sanitaire: "Certains pensent que la pilule se prend un jour sur deux, nos interventions sont nécessaires"

Marine, étudiante en pharmacie, fait partie des 50 000 étudiants du secteur médical qui feront de la prévention durant trois mois au cours de leur cursus. Un service sanitaire qui sera obligatoire à partir de la rentrée prochaine.

On connaissait le service militaire et le service civique, voici désormais le service sanitaire, qui sera mis en place dès la prochaine rentrée. Il s'agira pour tous les étudiants du secteur médical de faire de la prévention durant trois mois auprès de publics divers. Ces ateliers de prévention seront destinés aux écoliers, collégiens, lycéens, mais aussi aux prisonniers et aux résidents des Ehpad.

Les étudiants concernés par ce nouveau dispositif sont 47.000. En 2019, il passera même à 50.000 incluant les étudiants en ergothérapie et en orthophonie. Des étudiants qui ne seront pas rémunérés pour ces heures de prévention.

Lundi, les ministres de la Santé et de l'Enseignement supérieur, Agnès Buzyn et Frédérique Vidal, ont détaillé cette réforme. Un dispositif similaire est déjà mis en place depuis deux ans avec des étudiants volontaires dans le Maine-et-Loire.

"Les jeunes vont oser parler de tout ce qui leur passe par la tête"

Marine est étudiante en troisième année de pharmacie. Elle vient de terminer ses séances de prévention auprès de lycéens à Saumur. Elle a pu constater combien le fait de n'avoir qu'une vingtaine d'années face à celles et ceux qui pourraient être ses petits frères ou soeurs étaient essentiel.

"La force du service sanitaire est qu'il n'y a pas vraiment de barrières entre nous. Ils vont oser parler de tout ce qui leur passe par la tête. Certains pensaient par exemple que la pilule se prenait un jour sur deux pour la femme et l'homme. C'est là qu'on se rend compte que nos interventions sont nécessaires. Mais on intervient de manière ludique"

Le but est que ces jeunes n'aient pas un ton moralisateur pour permettre que, plus tard, ils aillent plus facilement vers un professionnel de santé parce qu'ils savent qu'ils sont à leur écoute.

C. Checcaglini