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Ses livraisons limitées, Amazon menace de suspendre l'activité de ses centres en France

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Le tribunal judiciaire de Nanterre a ordonné mardi à Amazon France d'établir une évaluation des risques inhérents à l'épidémie de Covid-19 pour tous ses entrepôts et de restreindre en attendant son activité aux seuls produits essentiels.

Le géant fait planer la menace. Après le coup de frein de la justice, qui lui impose à Amazon de ne livrer que des produits essentiels, c'est à dire d'hygiène, médicaux ou alimentaires sous peine d'une amende d'un million d'euro par jour, mercredi, Amazon a indiqué pouvoir être contraint "de suspendre l'activité" de ses centres de distribution et de "restreindre" son service en France, suite à une décision du tribunal judiciaire de Nanterre.

L'entreprise compte faire appel de la décision, qui la contraint à s'en tenir strictement aux envois de produits essentiels. "Cependant, notre interprétation suggère que nous pourrions être contraints de suspendre l'activité de nos centres de distribution en France" et "de restreindre un service qui est devenu essentiel pour les millions de personnes à travers le pays". 

Fini donc les jouets, livres ou encore DVD: la justice estime qu'Amazon a "de façon évidente méconnu son obligation de sécurité et de prévention de la santé des salariés" dans ses six entrepôts français. Amazon avait annoncé le 21 mars cesser ses commandes "moins prioritaires" pour privilégier les produits d'hygiène ou de base pour la maison. 

En cause, des portiques qui équipent tous les sites, "une source de contamination importante" aux heures de pointe, la manipulation des colis par plusieurs intervenants, les situations de travail rapprochées...: des sources de contamination multiples qui favorisent la propagation du virus, estiment aussi les syndicats qui avaient déposé plainte.

Surtout, le tribunal reproche à Amazon de n'avoir produit "aucun procès-verbal de réunions des CSE (comité social et économique) ni du CSE central depuis le début de l'épidémie". La justice ordonne aussi à Amazon d'évaluer d'ici un mois les risques liés au Covid-19, mais avec les organisations syndicales, ce qu'elle n'avait pas fait.

Gwladys Laffitte avec Xavier Allain