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Système national des données de santé: "il y a une vraie question autour de leur commercialisation"

Feuilles de soins, visites chez le médecin, achats de médicaments ou hospitalisation réunis sur une base de données... Après plusieurs retards, le Système national des données de santé est lancé aujourd'hui.

Le ministère de la Santé parle d'une modernisation et d'une simplification de l'accès aux données. Cela permettra de faire avancer la recherche médicale. Mais pour plusieurs médecins, le Système national des données de santé pose la question d’une possible commercialisation de ces données. Chaque année, ce sont près d'un milliard d'actes médicaux qui seront envoyés dans cette base de données anonymisée. Pas de risque, assure le ministère, que vos informations les plus personnelles se retrouvent dans des fichiers commerciaux. La CNIL y veillera.

Mais pour Jean-Paul Hamon, président de la Fédération des Médecins de France et médecin généraliste à Clamart, il faut craindre le viol de la vie privée des patients: "On est extrêmement préoccupés par les données de santé du patient. On voit que ce sont des données qui vont être stockées. Pour nous il y a une vraie question autour de la commercialisation des données. On prétend que la France est en retard sur le big data, l’open data et compagnie…Oui elle est en retard et je pense que c’est très bien, parce que cela permet de protéger les données des patients".

De son côté, Claude Le Pen, économiste de la santé, est favorable à la mise en place de ce regroupement des données: ce serait une grande avancée pour la recherche autour de la médecine: "Il faut des données pour savoir qu’un programme de dépistage que j’ai fait à un moment donné, est-ce que cinq ans après ou dix ans après, ça m’évite d’avoir un cancer ? On ne le saura jamais si on n’a pas cette base de données, qui permet un suivi, une récupération d’actes. Ce qui nous intéresse c’est de caractériser des groupes de patient de manière médicale, de manière à mieux organiser, mieux gérer les soins".

Mélanie Ferreira (avec A.M.)