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Vaccination des soignants: au tour du "M. Vaccin" du gouvernement, Alain Fischer, de mettre la pression

LOUIS VA PLUS LOIN - Après l’avis de la haute autorité de santé et la lettre d’Olivier Véran, c’est le «Monsieur vaccin» du gouvernement, Alain Fischer, qui a mis la pression aux soignants pour qu’ils se fassent vacciner.

C’est une dernière sommation. Voilà comment on peut qualifier les propos d’Alain Fischer mercredi devant le Sénat. Si dans 15 jours il n’y a toujours pas assez de soignants vaccinés, il recommandera l’obligation au gouvernement.

Aujourd’hui, 36% des soignants ont reçu leur première dose, 22% ont reçu les deux. Ce sont les plus jeunes qui sont à convaincre, dit encore Alain Fischer, qui souligne, quand même, avoir observé un frémissement ces derniers jours.

L’exécutif, pour l’instant, est sur la même ligne. La confiance d’abord, la contrainte éventuellement ensuite, c’est ce qu’a rappelé en début de semaine le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal. Officiellement, aucun pays au monde n’a rendu le vaccin obligatoire pour tout ou partie de sa population.

Il y a quand même un pays qui sanctionne les soignants qui ne le font pas

Ce qu’on va appeler une obligation officieuse. Ca se passe en Israël, où un hôpital de Jérusalem a placé d’office en congé sans soldes une centaine de professionnels de santé qui refusent de se faire vacciner.

A l’origine ils devaient être transférés vers les services administratifs, donc loin des patients et des visiteurs, mais les bureaux sont déjà pleins, alors ces soignants sont priés de rester chez eux. Leur avenir au sein de cet hôpital est même en suspens, c’est le directeur qui a brandi cette menace la semaine dernière.

Le quotidien israélien Haaretz explique que ces décisions coercitives et radicales, comme le passeport vaccinal qui est en vigueur depuis le mois dernier, font débat dans le pays. Mais le gouvernement, lui, assume et se vante d’un double succès : avoir réussi à vacciner 55% d’une population qui, en janvier encore, se montrait très réticente. Et avoir entamé un déconfinement progressif bien avant les Etats de l’Union Européenne.

Louis Amar (avec J.A.)