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Washington accuse la Russie d'orchestrer une campagne de désinformation sur le coronavirus

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Les réseaux sociaux en Russie accuseraient les États-Unis d'avoir propager le coronavirus selon Washington.

Des milliers de comptes liés à la Russie sur Twitter, Facebook et Instagram propagent de la désinformation anti-américaine sur le nouveau coronavirus apparu en Chine, ont affirmé à l'AFP des responsables américains.

"Le but de la Russie est de semer la discorde"

La campagne de désinformation et de propagation de théories du complot a démarré il y a un mois, à un moment où le nombre de morts en Chine était de trois et l'épidémie n'en était qu'à 200 cas à Wuhan, selon ces responsables. Aujourd'hui, le bilan est monté à plus de 2.200 morts et 75.000 cas en Chine, et plus d'un millier de cas dans 26 autres pays.

"Le but de la Russie est de semer la discorde et d'affaiblir de l'intérieur les institutions des Etats-Unis et leurs alliances, y compris au travers de campagnes souterraines et pernicieuses", a estimé Philip Reeker, sous-secrétaire d'Etat chargé de l'Europe et de l'Eurasie.

"En disséminant la désinformation sur le coronavirus, des acteurs russes malveillants choisissent une fois de plus de menacer la sécurité publique au détriment de la réponse globale" à l'épidémie, a-t-il ajouté.

Un virus crée par les Etats-Unis pour "faire une guerre économique à la Chine" ?

Les responsables de la diplomatie américaine chargés de lutter contre la désinformation russe disent que des comptes aux noms de personnes fictives reproduisent des lignes d'attaques russes, non seulement en anglais mais aussi en français, en espagnol, en italien et en allemand.

Les théories propagées incluent l'idée que le virus a été créé par les Etats-Unis pour "faire une guerre économique à la Chine", que c'est une arme biologique inventée par la CIA, ou encore qu'il fait partie d'une stratégie occidentale de "messages anti-Chine".

Des tweets accusent aussi faussement le cofondateur de Microsoft, Bill Gates, dont la fondation a investi des milliards de dollars dans des programmes de santé internationaux.

Les milliers de comptes impliqués étaient surveillés pour s'être ingérés dans diverses crises à travers le monde, de la guerre en Syrie aux manifestations au Chili et en France avec les gilets jaunes. Ils postent des messages "quasi-identiques" sur le coronavirus, selon un rapport préparé pour le Global Engagement Center du département d'Etat, la cellule de lutte contre les campagnes de désinformation étrangères.

AFP (avec Maxime Trouleau)