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Benjamin Smith nommé PDG d'Air France: "On ne sauvegarde pas une entreprise en augmentant de 300% le salaire du patron"

Benjamin Smith, numéro 2 d'Air Canada, a été nommé jeudi directeur général d'Air France-KLM, un choix qualifié par le gouvernement de "chance" pour le groupe aérien en pleine crise, mais accueilli avec méfiance par des syndicats.

Le PDG d'Air France est désormais canadien. Benjamin Smith, numéro 2 d'Air Canada, a été nommé jeudi directeur général d'Air France-KLM pour remplir les fonctions de Jean-Marc Janaillac, quoi a quitté le groupe le 4 mai dernier, désavoué par le personnel consulté au sujet d'un accord salarial.

Mais pour l'instant, le nouveau PDG n'a pas les faveurs des syndicats. Invitée ce vendredi matin dans Bourdin Direct, Karine Monségu, co-secrétaire générale de la CGT Air France, est sceptique quant à son recrutement: "Nous sommes interloqués par la manière dont les choses se sont déroulées dans le cadre du comité de nomination. Les choses n'ont pas été équitables entre les différentes candidatures. On se demande bien pourquoi on est allé chercher à l'étranger ce que nous avions probablement en France".

"Hors de question que nous soyons 'low-costisé'"

La syndicaliste est aussi inquiète pour l'avenir d'Air France: "Au niveau de l'intersyndicale, nous voulons un candidat qui puisse se porter sur la défense des intérêts de la compagnie nationale. Ce qui nous inquiète aussi, c'est le désengagement de l'Etat dans l'entreprise. Le parcours de M. Smith indique qu'Air Canada est une low-cost qui a beaucoup empiété sur la maison-mère Air Canada, et à Air France, il est hors de question que nous soyons 'low-costisé'".

Le syndicat déplore aussi la rémunération de Benjamin Smith qui serait de plus de 3 millions d'euros par an, le triple du salaire touché par Jean-Marc Janaillac:

"Son salaire est un scandale, c'est indécent. On ne sauvegarde pas une entreprise en augmentant de 300% le salaire du patron. Quand on est dans une entreprise qui se trouve en conflit depuis des mois sur la question des salaires – nous ne demandons pas d'augmentation mais un rattrapage après 6 années de blocage -, on ne triple pas la rémunération d'un dirigeant".
P.B.