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Chauffeur UberPOP agressé à Nice: "Ils m'ont attaqué comme des bandits"

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Soupçonnés d'avoir agressé un chauffeur UberPOP dans la nuit du 15 au 16 juin, six chauffeurs de taxis niçois ont été placés plusieurs heures en garde à vue ce mardi. La victime et les accusés donnent leur version des faits ce mercredi sur RMC.

Face à l'escalade de la violence entre taxi et UberPOP, le gouvernement hausse le ton. Bernard Cazeneuve a notamment lancé un appel au calme ce mardi en déclarant "rien ne justifie des actes de violence. Dans un Etat de droit, nul ne peut se faire justice soi-même". Un appel au calme bienvenu car ces dernières semaines les agressions de chauffeurs et/ou clients UberPOP se multiplient. Par exemple, six chauffeurs de taxi sont soupçonnés d'avoir frappé un chauffeur UberPOP, dans la nuit du 15 au 16 juin, à Nice. Des faits supposés pour lesquels ils ont été placés plusieurs heures en garde à vue ce mardi.

Plus précisément, ils auraient tendu un piège au conducteur en se faisant passer pour des clients mais lorsque celui-ci a compris qu'il était tombé dans un guet-apens, il aurait tenté de s'enfuir pour échapper aux chauffeurs de taxis. C'est à ce moment-là que la situation aurait dégénéré, comme l'explique à RMC Kader, la victime. "L'une des deux personnes est montée devant, l'autre derrière. Ils m'ont dit d'avancer en me mettant un coup de poing dans la nuque. C'est là que j'ai su que j'étais pris dans un guet-apens", raconte-t-il.

"Ce n'est pas à eux de faire la loi"

"J'ai reculé pour essayer de les éviter, pour essayer de leur faire peur, poursuit-il. Mais, là, ils se sont tous jetés sur ma voiture. Ils ont cassé les portes, les vitres… Ils m'ont aussi craché dessus, donné des coups de poings aux bras, à l'oreille… J'ai tout eu. Ils m'ont attaqué comme des bandits. Tout ça pour quatre ou huit euros… Mais ce n'est pas à eux de faire la loi".

Adrien, un des chauffeurs de taxi placé en garde à vue, donne une autre version des faits. Il l'assure: le chauffeur UberPOP n'a jamais été frappé. "Cela a dégénéré parce que le chauffeur a pris peur. Il nous a mis en danger… En reculant, il a failli nous écraser, nous happer une jambe. Pour s'échapper, il est même prêt à écraser un passant. Alors, effectivement, de peur et d'énervement, on s'est jetés sur la voiture". "Mais sans envie de faire mal, simplement de l'arrêter", précise-t-il avant de reconnaitre qu'il "est possible que certains collègues eu un comportement quelque peu violent".

"Ça a dégénéré dans tous les sens"

Karim fait lui aussi partie des chauffeurs de taxi placés en garde à vue. Il est l'une des deux personnes à s'être introduites dans le véhicule de Kader. "On était là juste pour le piéger et appeler la police, affirme-t-il. Quand il a vu le groupe de taxis qui l'attendait, pris de panique, il est parti en zig-zag en marche arrière. Il nous a gardé à l'intérieur alors qu'on lui a demandé de s'arrêter".

"C'est à ce moment-là que tous mes collègues sont venus sur la voiture. On avait tous la rage… C'était la pagaille, ça a dégénéré dans tous les sens… Il y a eu des coups sur la voiture…, se souvient-il. Moi, j'avoue j'ai mis un coup de pied, de nerf, sur la portière mais tout est partie de sa marche arrière. C'est uniquement de sa faute". Et Karim de souligner: "Si on avait vraiment voulu lui faire quelque chose, on l'aurait emmené sur un parking et là on lui aurait fait quelque chose".

Maxime Ricard avec Elodie Messager