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Delphine Batho : "Il faut revenir à une part raisonnable du diesel dans la circulation"

Invitée ce jeudi de Jean-Jacques Bourdin sur RMC, Delphine Batho, ancienne ministre de l’écologie et rapporteur de la mission parlementaire mise en place après l’affaire Volkswagen (Dieselgate), recommande notamment que "chaque année, pendant cinq ans que le prix du diesel augmente d'un centime par litre et que celui de l'essence baisse d'un centime".

"Je veux que l'on retrouve la fierté de l'industrie automobile française, qui représente 9% de la population active en France, et qu'on la tourne résolument vers les enjeux du futur, à savoir le véhicule zéro pollution, la révolution des usages, les véhicules autonomes et connectés", a déclaré ce jeudi sur RMC, Delphine Batho, ancienne ministre de l'Ecologie et rapporteur de la mission parlementaire mise en place après l’affaire Volkswagen. Avant d'ajouter: "Il y a beaucoup de travail".

Suppression en 5 ans des avantages fiscaux du diesel

"Nous proposons un nouveau principe, sur lequel on a établi un consensus, celui de la neutralité technologique. Est-il normal aujourd'hui qu'il y ait une norme différente pour les véhicules diesel et les véhicules essence? Par exemple, aujourd'hui, les véhicules diesel sont autorisés à émettre plus de dioxyde d'azote et les véhicules essence sont, eux, autorisés à émettre plus de particules. Donc, nous, nous disons qu'il doit y avoir une seule norme, une limite de pollution non différente pour les diesels et les essence".

"Et cela vaut aussi pour la fiscalité, poursuit la députée (PS) des Deux-Sèvres. Pendant 60 ans, la France a massivement encouragé le diesel. Il faut en sortir de façon progressive, programmée en cinq ans". "Le diesel, historiquement, était un carburant professionnel, adapté à ceux qui roulent beaucoup et non aux usages urbains. Il faut donc revenir à une part raisonnable de diesel dans la circulation".

Royal pas d'accord

Delphine Batho recommande aussi que "chaque année, pendant cinq ans que le prix du diesel augmente d'un centime par litre et que celui de l'essence baisse d'un centime". Quelques minutes après sur France 2, Ségolène Royal lui a répondu en annonçant que l'avantage fiscal accordé aux véhicules d'entreprises diesel allait être étendu aux véhicules roulant à l'essence le temps de la transition vers les transports propres.

"On ne va pas retirer un avantage au diesel, pour lui donner le temps de cette mutation vers les transports propres, mais il n'y a aucune raison que l'essence ait un désavantage", a-t-elle ajouté. La possibilité pour les entreprises "de réduire la TVA sur le gasoil aujourd'hui pour les véhicules d'entreprises", "cet avantage va être donné à l'essence en deux ans".