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Dupin quotidien: la fin de l'Autolib'

Le syndicat Autolib' Velib' Métropole devrait annoncer la fin des Autolib ce jeudi, en résiliant le contrat avec le groupe Bolloré chargé de la gestion. Après les déboires des vélib, c'est un échec de plus pour la mairie de Paris.

Raté. Le pari de l'Autolib' n'aura finalement pas si bien fonctionné. Le service pourrait s'arrêter dès ce jeudi. 210 millions d'euros, c'est le montant du déficit d'Autolib depuis sa création il y a 7 ans. Alors qu'au début, le groupe Bolloré prévoyait un bénéfice net de 56 M€ d'ici à 2023. 

Problème, dans le contrat, le gestionnaire s'engage à payer la dette à hauteur de 60 millions. Le reste est à la charge des 98 communes concernées. 46 millions d'euros par an, c'est énorme. Et hors de question pour le syndicat mixte de payer. Mais résilier purement et simplement le contrat va leur coûter beaucoup plus cher prévient l'industriel:300 millions d'euros au total. 

L'abandon des Autolib devrait être progressif, sur au moins trois mois

Comment en est-on arrivé là ? Les abonnés, Autolib en a. 370 000 depuis le lancement. Ce qui fait défaut, c'est plutôt le nombre d'utilisateurs réguliers. -21% de locations quotidiennes entre 2016 et 2017. Il y en a en moyenne 4 par véhicule et par jour, ce n'est pas assez. Le nombre et la durée des trajets entre Paris et la banlieue se sont révélés bien moins importants que ce qu'avait prévu le groupe Bolloré. 

Les élus disent avoir fait leur part du travail, en fermant des bornes peu rentables, et en augmentant le tarif des abonnements. Des solutions que le groupe Bolloré aurait proposé il y a deux ans, sans réponse. C'est la cacophonie et chacun se rejette la faute. 

Comment vont faire les abonnés ? Il est peu probable que le service s'arrête du jour au lendemain. Même si c'est ce qu'affirme aujourd'hui Marie Bolloré. En fait, l'abandon des Autolib devrait être progressif, sur au moins trois mois. Le temps de laisser les usagers trouver des alternatives.

On ne sait pas pour l'instant si les abonnements vont être remboursés, ou même si les bornes électriques vont rester en place après l'arrêt d'Autolib. C'est Bolloré qui décide. A l'origine, elles devaient revenir aux collectivités en 2023 ; mais pour les récupérer dès cette année, les mairies vont devoir les racheter partiellement au gestionnaire. 

La mairie cherche des solutions

20 000 véhicules électriques se rechargent sur ces bornes tous les ans. La mairie de Paris est déjà en train de chercher des alternatives. Renault, Peugeot PSA, et même Volkswagen, des loueurs ou des startup... Au total, la mairie de Paris a reçu une demi-douzaine d'offres pour remplacer les Autolib. 

Il s'agirait en majorité de free floating, très simples à mettre en place. Des voitures que vous prendriez et déposeriez n'importe où, sans bornes, sur le modèle des scooters et des vélos. Si les bornes restent, certains véhicules proposés pourraient être électriques, sur le modèle actuel.

Bolloré fait de la résistance, le groupe a envoyé un mail à tous les abonnés, pour leur demander de signer une pétition contre l'arrêt des Autolib. Il y a déjà 15 000 signatures. 

Anaïs Bouitcha (avec J.A.)