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Faut-il interdire les véhicules diesel des centres-villes? Ca fait débat sur RMC

En Allemagne, la justice fédérale doit rendre mardi un avis sur deux plaintes déposées par des associations environnementales contre les villes de Stuttgart et Düsseldorf, parmi les plus polluées d’Allemagne. La cour administrative fédérale pourrait donc décider d’y interdire les moteurs diesel. Et cela ferait jurisprudence.

Dernier tour pour le diesel. Le tribunal administratif fédéral de Leipzig doit
statuer, ce mardi, sur le droit des grandes villes d'interdire la circulation de voitures très polluantes. Un jugement qui pourrait concerner 12 millions de véhicules diesel en Allemagne.

L'association de protection de l'environnement Deutsche Umwelthilfe (DUH) avait porté plainte contre les municipalités de Stuttgart, ville qui abrite plusieurs constructeurs automobiles, et de Düsseldorf, au sujet des niveaux de particules qui ne seraient pas conformes aux normes européennes d'émissions d'oxyde d'azote. 

En clair, ça voudrait donc dire que toutes les villes qui, comme Stuttgart et Düsseldorf, dépassent régulièrement les seuils d’émission de polluants autorisés devraient appliquer la même interdiction. 70 villes sont donc directement concernées. Les 12 millions d'automobilistes impactés ne roulent pourtant pas tous avec un vieux diesel: le moteur incriminé n’est autre que le diesel EURO 5 ou EURO 4, c’est-à-dire tous les modèles sortis avant 2015. Autant dire que beaucoup seraient donc forcés de changer de véhicule ou alors d’opter pour un autre type de transport. D’ailleurs, Berlin envisage déjà de rendre les transports en commun gratuits dans ces villes.

"Repenser la ville"

Une stratégie gagnante, selon Lorélei Limousin, de l’association Réseau Action Climat. La France ferait d’ailleurs bien de s’en inspirer, pour changer les comportements, à son rythme explique-t-elle sur RMC: "Une interdiction des véhicules diesel ne peut pas se faire du jour au lendemain en France, mais il faut l'envisager et l'anticiper. C'est pour cela que les villes doivent repenser dès aujourd'hui le partage de l'espace public, doivent déployer des politiques cyclables, de développement de transports urbains. Elles doivent réduire la place de la voiture tout de suite. Ca peut passer par des interdictions des véhicules les plus polluants. Il s'agit de repenser la ville".

Repenser la ville, c’est ce qu’ont commencé à faire Paris et Grenoble, avec des pistes cyclables et le développement du réseau de transports pour compenser les interdictions. Grenoble a ainsi déjà banni les vieux poids lourds diesel. Paris, elle, a interdit es diesels datant d’avant 2001, qui n’ont pas le droit de circuler les jours de semaine. La capitale se fixe ainsi l’objectif d’une ville sans diesel d’ici 2024. Beaucoup plus ambitieux que Nicolas Hulot qui envisage 2040 au niveau national.

Quoi qu’il arrive, les automobilistes ont déjà amorcé le renversement. En 2012, 73% des véhicules neufs vendus en France étaient diesel. Ils n’étaient plus que 47% l’an dernier. Ces moteurs émettent en moyenne 111 grammes de dioxyde de carbone par kilomètre et serait, en partie responsable, de la mort prématurée de 48.000 personnes chaque année en France, à cause de la pollution.

Matthieu Rouault & X.A