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Grève à la SNCF: "Il faut réfléchir à des moyens de régler les conflits autrement"

Journée galère pour les usagers

Journée galère pour les usagers - MATTHIEU ALEXANDRE / AFP

Le trafic ferroviaire est fortement perturbé ce mardi, en raison d'une grève qui a débuté lundi à 19 heures. Il s'agit de la troisième grève en huit semaines à la SNCF. Une nouvelle journée de galère en perspective pour les usagers.

Un TGV et un Transilien sur deux en circulation en moyenne, quatre TER sur dix et un intercité sur trois: de fortes perturbations sont à attendre mardi sur l'ensemble du réseau SNCF, en raison d'un nouveau mouvement de grève entamé lundi soir à l'appel de l'ensemble des syndicats de cheminots, qui doit se poursuivre jusqu'à mercredi 8H00. Avec cette mobilisation, la troisième en huit semaines, CGT, Unsa, SUD, CFDT ainsi que FO et First (non représentatifs) entendent "peser" sur les négociations en cours concernant leurs conditions de travail. Ils réclament également des embauches pour faire face aux suppressions de TER dans plusieurs régions faute de conducteurs.

Alors qu'une nouvelle journée de galère s'annonce, les usagers des transports, contraints et forcés, s'organisent comme ils peuvent. C'est le cas de Nora qui vit à Creil, dans l'Oise, à 60 kilomètres de son lieu de travail à Paris. Pour cette nounou de 47 ans, les jours de grève à la SNCF prennent des allures de parcours du combattant. "La dernière fois, je n'ai pas pu venir travailler alors cette fois je me suis organisée, confie-t-elle à RMC. J'ai appelé ma sœur pour qu'elle m'héberge et que je n'ai pas à subir encore les horreurs de la grève".

"Il faut que ça s'arrête !"

Comme sa sœur vit à Paris, Nora peut donc aller travailler en métro aujourd'hui et demain. Mais elle ne verra pas ses enfants. "C'est franchement agaçant, désespère-t-elle. C'est répétitif. Je pense qu'il y a de l'abus. On veut bien comprendre qu'ils aient des négociations, qu'ils fassent grève. Mais pas comme ça, pas si souvent et pas en nous prenant en otage". Trois grèves en deux mois: les voyageurs sont à bout et réclament des solutions concrètes comme l'explique Jean-Claude Delarue, président de la Fédération SOS Usagers.

"Il faut que ça s'arrête ! D'autant plus que cela vient s'ajouter à d'autres problèmes quotidiens comme les pannes, les retards, les incidents techniques, les suppressions de trains…, argumente-t-il sur RMC. De plus, les usagers ne sont absolument pas responsables du conflit entre les cheminots et la direction de la SNCF". Cependant, il l'assure: "On n'est pas contre les cheminots, on a besoin d'eux tous les jours, mais ce que nous voulons avant tout c'est que les trains fonctionnent mieux. Il faut donc que l'on réfléchisse rapidement à des moyens de régler des conflits autrement que par les grèves ou le blocage".

M.R avec Amélie Rosique