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Grève SNCF: les raisons de ce nouveau mouvement social pour Noël

Le collectif de contrôleurs SNCF, qui fait grève juste avant Noël, demande notamment une augmentation salariale plus franche, mais aussi une prise en compte des primes constituant un quart de leur salaire mensuel.

Nouvel épisode de grève à la SNCF. Après un premier mouvement social début décembre, les contrôleurs de la société de transport débrayeront de nouveau, cette fois-ci à un moment crucial de l’année: le week-end des fêtes de Noël. Selon la SNCF, 200.000 voyageurs seront privés de train pour rejoindre leurs proches.

Après un mois de négociation, les contrôleurs et la direction de la SNCF n'arrivent toujours pas à se mettre d’accord, notamment sur de nouvelles augmentations salariales.

La direction de la SNCF propose aux contrôleurs, comme pour tous les autres salariés, 2% d'augmentation salariale sur l’année 2023, le tout agrémenté d'une prime de 600€ brut par an. Aussi, à destination uniquement de ces contrôleurs, la SNCF propose une augmentation de leur prime de chef de bord d’un montant de 600€.

Toutefois, en dépit de ces propositions de la direction, le collectif de contrôleurs mobilisés s'arqueboute. "Cela fait 38€ net par mois, ce n'est pas à la hauteur", dit-on dans les rangs des grévistes, surtout pour un métier plutôt en bas de l'échelle des salaires de l'entreprise et en première ligne de clients parfois très virulents à leur encontre.

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Une rémunération particulièrement sensible

Au-delà du sujet bouillant des augmentations salariales, cibles de beaucoup de dialogues sociaux à cause d’une inflation difficile pour les ménages français, la forme de la rémunération engendre aussi beaucoup de débâts et de conflits chez les contrôleurs de la SNCF.

En effet, un quart de la rémunération touchée par les contrôleurs est perçue sous forme de prime. C’est par exemple le cas de la prime du dimanche, de la prime de déplacement, et bien d’autres encore.

Néanmoins, et c’est là où le bât blesse, la prise en compte de ces primes en cas d'arrêt maladie ou de départ à la retraite s’évapore. Et le montant de la rémunération mensuelle descend alors brutalement, ce qui peut être préjudiciable dans le cadre du calcul de la pension de retraite.

Sans ces primes, un chef de bord contacté par RMC assure qu’il touche à peine 2.000€ brut par mois, et ce après 21 ans de carrière. Le collectif demande donc à la direction d'intégrer ces primes au salaire comme pour les conducteurs de train.

Nicolas Traino, avec A.L.