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Il y a des automobilistes qui nous frôlent même quand on est avec des petits de 8 ans

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Ces dernières semaines, les cyclistes ont payé un lourd tribut sur la route. Qu’ils soient coureurs professionnels ou amateurs en balade, ils n’hésitent plus à dénoncer les automobilistes sur les réseaux sociaux. Teodoro Bartuccio, directeur sportif du Vélo Club du Bourget a lancé sur Facebook "Mon vélo est une vie" pour rassembler le maximum de cyclistes à un grand rassemblement de protestation place de la Bastille le 17 juin prochain.

Teodoro Bartuccio est directeur sportif du Vélo Club du Bourget. Il a lancé la page facebook "Mon vélo est une vie" dans le but de rassembler des cyclistes pour une manifestation de protestation contre les violences routières, le 17 juin prochain, place de la Bastille.

"Au quotidien, on a toujours eu des soucis de respect avec les automobilistes. C’est constant, et à chaque sortie on a ce problème. Depuis quelques temps, il y a de plus en plus de cyclistes qui décèdent sur la route. Vendredi, c’est un coureur de notre communauté qui est décédé. C’est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase.

Regardez tous les accidents qui sont survenus récemment, avec tous ces morts. La plupart, ce n’était pas en ville. C’était à la campagne, en ligne droite ou dans un rond-point. Ces cyclistes respectaient le code de la route. Il y a un vrai fléau. Aujourd’hui, il n’y a pas une journée où je ne vois pas une personne qui dit qu’elle s’est faite renverser et qui montre ses blessures sur les réseaux sociaux. C’est de la folie.

J’ai commencé le vélo quand j’avais 8 ans. Aujourd’hui, c’est ma fille de 8 ans qui a intégré le club. Parfois je me dis que ce serait mieux qu’elle arrête. J’ai trop peur. Même nous quand on encadre les enfants du club, on est obligé de faire très attention. Il y a des automobilistes qui nous frôlent, qui ne respectent rien. Alors que ce sont des petits qui ont 8 ans ou 10 ans. Pour moi c’est pire qu’avant.

"Ils ont toujours une boule au ventre quand ils partent"

J’ai peur à chaque fois que les membres du club roulent dehors. Parce que ce sont des amis et parce qu’on est responsable. On se dit "mais qu’est-ce qu’il va se passer?". Qu’on fasse de la compétition, qu’on prenne son vélo pour travailler ou pour se promener, ils ont toujours une boule au ventre quand ils partent. Quand vous entendez un véhicule arriver derrière vous à vive allure, vous espérez qu’il va se décaler pour ne pas vous rentrer dedans. On est toujours dans cette peur.

On aimerait faire modifier la signalisation au sol ou sur les panneaux. On aimerait aussi faire des campagnes de sensibilisation. Je n’ai pas peur de dire que les cyclistes aussi doivent faire attention. Il y en a de plus en plus qui ne s’arrêtent pas au feu, au stop, ou qui ne respectent pas les priorités à droite. C’est la base.

Mais il faut surtout que les automobilistes fassent attention. Qu’ils prennent le temps de s’écarter. Qu’ils soient patients. Ils veulent nous doubler dans la précipitation pour gagner quelques secondes. Mais perdre 30 secondes par rapport à votre trajet ou à la vie de quelqu’un, ce n’est rien. A la base le vélo c’est pour le bien-être, la santé. Pas pour se mettre en danger. Ce n’est pas logique".

Propos recueillis par Antoine Maes