RMC

Interdiction des avertisseurs de radars: "Si je n'en avais pas, je roulerais sûrement moins vite"

Un radar sur la A9

Un radar sur la A9 - Pascal Guyot - AFP

Le sénateur Les Républicains de l'Hérault Jean-Pierre Grand, dans une lettre adressée ce vendredi au gouvernement, a demandé l'interdiction des applications et appareils indiquant la présence de radars et de contrôles de police, pour éviter que les délinquants n'échappent aux forces de l'ordre en plein état d'urgence. Chez les automobilistes, la nouvelle fait jaser.

Thomas, automaticien et utilisateur d'un avertisseur de radar:

"J'avais un avertisseur de radar, mais je l'ai très peu utilisé. Mais maintenant, les GPS sont également équipés de systèmes indiquant l'emplacement des radars fixes, donc je m'en sers. Avec mon travail, j'utilise souvent des voitures plus puissantes, qui ont tendance à dépasser facilement les limitations de vitesse. Ça m'est utile.

Lorsque je suis sur une route sans radar, je roule, et je ralentis lorsque mon avertisseur m'indique la présence d'un contrôle. Je ne me préoccupe pas des radars. Sur certaines routes que je ne connaissais pas, c'est l'avertisseur qui m'a permis de leur échapper. C'est arrivé de temps en temps que je me fasse prendre, mais c'est assez rare. Je le reconnais, si je me fais flasher, c'est entièrement ma faute. C'est que j'ai voulu jouer et que j'ai perdu.

Si je n'avais pas d'avertisseur, je roulerais sûrement moins vite. Globalement, je respecte les limitations de vitesse, même si j'ai parfois tendance à être au-dessus. Là où je suis en infraction, c'est notamment sur des tronçons de route, quand la limitation passe de 90 à 70 km/h sur quelques centaines de mètres.

"Si je ralentis, c'est presque plus dangereux"

Je roule plus vite à des endroits où tout le monde fait ça. En sortie de Nantes par exemple, l'autoroute est limitée à 110 km/h. Pourtant, les automobilistes roulent tous à 120 ou 130 km/h. Quand tout le monde roule à la même vitesse, ça ne pose pas de problème.

Mais si je ralentis, c'est presque plus dangereux que si j'allais plus vite. Si je roule à 110 km/h, je peux tomber sur un camion plus lent que moi et avoir envie de le doubler. Et si je le fais, je vais forcer les conducteurs derrière moi, qui vont bien plus vite à piler.

Après, ce n'est pas tout le temps que je suis au-dessus des limitations de vitesse. Je le fais peut-être de temps en temps, mais ce n'est pas constant. Je ne roule pas non plus à 130 km/h sur une route limitée à 50 km/h".

Florian Huvier