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Les fouilles autorisées dans les transports parisiens: "ces mesures n'ont pas d'effet"

Ce mercredi, le préfet de police de Paris a autorisé les fouilles sans motif particulier des utilisateurs des transports en commun parisiens par la police. Une mesure exceptionnelle reconductible toutes les 24 heures et prolongée ce jeudi. Une disposition qui interroge les usagers. . \n

Depuis ce mercredi matin, les policiers peuvent procéder à des contrôles et des fouilles aléatoires des passagers des transports en commun à Paris et petite couronne. Un arrêté du préfet de police de Paris pris mardi soir autorise en effet les officiers de police judiciaire à effectuer des contrôles d'identité, à l'inspection visuelle et la fouille des bagages dans les gares métro et RER entre 07H00 et 22H00. Cette mesure exceptionnelle, reconductible toutes les 24h, a été prolongée ce jeudi. Elle fait suite à l'annonce lundi par le ministre de l'Intérieur d'un redéploiement de moyens de sécurité dans les transports en commun "par mesure de précaution", après l'attentat qui a fait 14 morts dans le métro de Saint-Pétersbourg lundi.

"Pas très utiles"

Une mesure qui ne dérange pas Romain, interrogé par RMC: "Vu les tendances actuelles, il était important de sécuriser les métros". En revanche, Elodie, elle, ne se montre pas du tout convaincue de l'efficacité de ces contrôles: "Ça ne veut rien dire d'aller fouiller quelques personnes et pas d'autres. Je pense que ces moyens mis en œuvre ne sont pas très utiles".

Alain va plus loin dans la critique. Il estime qu'il s'agit d'une atteinte à sa liberté et d'une procédure arbitraire: "Qui sera fouillé et pourquoi? Est-ce que ça va se faire au faciès? Parce qu'on a une sale gueule on va dire 'Tiens, lui on va le fouiller'. Mais celui qui a un costard-cravate, avec son petit cartable, on ne va pas le fouiller parce qu'il présente bien…" Des contrôles dénoncés aussi par Michel Tubiana, président d'honneur de la Ligue des droits de l'Homme.

"Cela va conduire à des contrôles au faciès"

"Ce genre de contrôles va provoquer l'inquiétude car ils vont conduire à des contrôles au faciès qui vont accroître la stigmatisation d'une partie de la population et renforcer un mal vivre-ensemble dont on se serait bien passé, estime-t-il. On sait que ces mesures n'ont pas d'effet sur des personnes déterminées à commettre un attentat. C'est en amont que les choses se jouent et non dans la rue".

Loïc Travers, secrétaire national adjoint du syndicat de police Alliance, défend cette mesure en assurant qu'elle représente un outil supplémentaire dans le cadre l'état d'urgence. "C'est aussi pour rassurer la population, souligne-t-il. Ça permet aux policiers de se poser moins de question quand ils n'ont pas la réquisition écrite du procureur de la République puisqu'ils sont couverts par l'arrêté du préfet de police".

M.R avec Marion Dubreuil