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Perturbations à la Gare du Nord: "On a été traités comme des animaux, voire pire. C'était horrible"

TEMOIGNAGES - Le trafic ferroviaire a été totalement interrompu pendant quatre heures mardi soir à la Gare du Nord, à Paris, en raison d'un incendie sur un transformateur électrique, selon la SNCF qui a dénoncé "un acte de malveillance". RMC a rencontré des usagers qui ont passé une nuit de galère.

Une nuit à dormir par terre dans un hall de gare. Une énorme pagaille. C'est le sort de 15.000 voyageurs bloqués Gare du Nord en raison d'un incendie sur un transformateur électrique de Saint-Denis, un incendie dû à un acte de malveillance selon la SNCF. Plus précisément, le trafic ferroviaire a été totalement interrompu pendant quatre heures et 15 trains ont été bloqués sur les voies près de Paris. Si la SNCF prend normalement en charge les passagers débarqués, des centaines d'entre eux ont dû passer la nuit à la Gare du Nord, faute de places suffisantes dans les hôtels aux alentours.

"Il n'y a eu aucune prise en charge"

C'est le cas de cette mère de famille, de ses deux enfants et de son mari. Ils ont passé neuf heures dans l'Eurostar: "On vient d'arriver. On nous laisse comme ça. On nous dit de prendre un taxi, d'avancer nous-mêmes les frais alors qu'il y en a pour près de 60 euros. Ou alors de prendre un hôtel à hauteur de 150 euros", déplore-t-elle. "Neuf heures de retard, c'est beaucoup. On veut bien comprendre mais il n'y a eu aucune prise en charge direct, poursuit-elle, très remontée. Ça a été 'Débrouillez-vous'".

Joshua, qui attend son train depuis 22h00, est lui aussi très en colère: "Je n'ai pas dormi. J'ai fait le tour de Paris à pieds. Je suis allé voir des gens qui auraient potentiellement pu m'héberger… " Patrick, 50 ans, voulait rentrer chez lui Arras en TGV. Il est monté dans le train mais il n'est jamais arrivé. "Le train a roulé à peine 20 minutes et s'est arrêté juste avant la gare de Saint-Denis, explique-t-il. On nous a laissé dans le train, enfermés, au chaud, avec rien à boire et sans ouverture de portes pendant près de 50 minutes".

"C'est franchement scandaleux"

"Des gens commençaient à se déshydrater et à faire des malaises car il faisait près de 50 degrés dans les wagons, ajoute-t-il. Il n'y avait plus de clim, plus rien". "Ils ont ensuite ouvert les portes, tout le monde est descendu, raconte-t-il encore. On nous a dit de rejoindre la gare de Saint-Denis mais personne ne nous a guidés… Alors on a marché le long des rails… En fait, on n'a jamais eu d'information, ni de bus pour nous ramener. Rien ! C'est franchement scandaleux !"

Chantal, Belge de 55 ans, Belge, devait rentrer chez elle à Bruxelles. Bloquée à la Gare du Nord cette nuit, elle est montée dans un Thalys en milieu d'après-midi ce mardi: le début de l'enfer. "On a attendu trois heures dans un train surchauffé, sans air. Les gens étaient mal à l'aise, les enfants pleuraient, c'est intenable, témoigne-t-elle. Même si c'est interdit, on est sortis car on n'en pouvait plus. C'était ça ou on cassait le train !"

"Je suis dégoûtée"

Et d'ajouter: "On a dû aller par nos propres moyens jusqu'à la gare. On a marché à la queue leu-leu avec les valises, sans eau, sans rien. Pas de bus, pas de taxi, pas d'hôtel, rien de rien. On n'est donc pas lavés, sales. On a été traités comme des animaux, voire pire. C'était horrible. Il n'y a eu aucune organisation, je suis dégoûtée. C'est honteux !"

Jérémie Zeguerman, directeur de la Gare du Nord, comprend ces voyageurs exaspérés même s'il se défend ce mercredi sur RMC: "Les clients étaient en colère et nous l'étions tout autant car c'est un vol de câbles qui est à l'origine de ces incidents". "La Gare du Nord sans électricité, avec l'ensemble des trains bloqués, je pense que cela n'était jamais arrivé", souligne-t-il encore. Mais il l'assure: tous les voyageurs impactés par des retards verront leur billet remboursé.

M. Ricard avec R. Poisot et A. Rosique