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Qui répand des clous sur la route à Portet-sur-Garonne? "Je suis parti au travail, j'avais 3 pneus crevés"

A Portet-sur-Garonne, des clous sont régulièrement répandus sur la chaussée (illustration).

A Portet-sur-Garonne, des clous sont régulièrement répandus sur la chaussée (illustration). - The Bees - Flickr

Depuis trois ans, des clous sont régulièrement répandus sur la chaussée d'un quartier de Portet-sur-Garonne. Une situation qui exaspère les habitants qui se retrouvent avec des pneus crevés.

Le semeur de clous à commencé à sévir il y a trois ans, mais il a multiplié ses actes depuis la fin de l'été. Chaque jour, des habitants de cette petite commune près de Toulouse se retrouvent avec des pneus crevés.

Le "serial clouteur" a déjà fait plus d'une centaine de victimes qui commencent à s'organiser de façon ingénieuse pour limiter les dégâts. "Je ramasse les clous avec un petit manche à balais, dessous il y a des aimants pour ramasser les clous par terre", explique Romane, une écolière de Portet-sur-Garonne. Dans le quartier concerné, l'affaire tourne à l'obsession et exaspère les habitants.

"Ca devient insupportable, on ne sait pas si le lendemain on pourra aller travailler parce que nos pneus sont crevés. Un jour je suis parti à mon travail j'avais 3 pneus sur 4 crevés", explique Aurélien Sacaro, habitant de la ville.

Autant de suspects que d'habitants

Au quotidien, les conséquences deviennent lourdes. "Il faut appeler une dépanneuse. Les assurances aident au début mais au bout d'un moment elles arrêtent de suivre. Moi je préfère mettre 200 euros dans de la nourriture pour mes enfants que dans des pneus. La plupart des foyers ont des véhicules, donc je vous laisse imaginer la somme que ça peut nous coûter", poursuit cet habitant. 

Dans la commune, un collectif de défense a désormais été constitué et chacun se questionne sur l'auteur des faits.

"Ca devient de plus en plus régulier, les fréquences de 'semage' de clous sont de plus en plus importantes. Les suspects, on en a autant qu'il y a d'habitants et de personnes malveillantes qui tournent autour du quartier", explique Axel, à l'origine du collectif de défense. 

Les pouvoirs publics commencent à prendre au sérieux la colère de la population, le maire Thierry Suaud conseille désormais à ses administrés de porter plainte. "L'addition des plaintes donne de la force et du crédit à l'action collective et à la nécessité d'engager la puissance publique, notamment les services de gendarmerie à mener une enquête", assure-t-il.

Mais malgré la mobilisation le coupable court toujours et la gendarmerie n'a pas la moindre piste pour l'instant.

C. B avec Jean-Wilfrid Forquès