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Qui seront les grands gagnants de la grève SNCF?

C’est un mouvement de grève inédit qui démarre à partir de ce soir. Certains usagers de la SNCF ont déjà anticipé et trouvé des solutions alternatives pour voyager. A qui profite la grève?

Les entreprises de covoiturage devraient bénéficier de la grève. C'est une véritable aubaine pour des sociétés comme BlaBlaCar qui vont sans doute battre des records de voyageurs ces jours-ci. Lors de la grève du 22 mars, les réservations ont déjà connu un bond de 100 %. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si BlaBlaCar a commencé ce week-end à déployer son nouveau service dans toute la France. Un service qui s’appelle BlaBlaLines qui permet de faire des trajets courts de moins de 80 kilomètres. Il était réservé jusqu’à présent à la région parisienne, Toulouse et Rennes. Là, ce sera possible partout et surtout Blablacar propose ce service gratuitement.

Par ailleurs, il faut savoir que la région Ile-de-France s’est associée à une demi-douzaine de plateformes de covoiturage pour offrir du covoiturage gratuit pendant la période de grève. Sont concernées notamment les plateformes Karos, Klaxit, Ouihop et Roulez Malin. Et même une filiale de la SNCF: IDVroom. Depuis le 21 mars, elle offre les covoiturages partout en France, à raison de deux trajets de 80 km par jour, pour des équipages de trois personnes maximum.

Pic de trafic sur Flixbus

Le transport en autocar va aussi profiter de ces grèves. Les "cars Macron" peinent à décoller vraiment par rapport au covoiturage malgré des prix largement inférieurs. Mais les sociétés d’autocar comme Flixbus prévoient un pic de trafic ces prochains jours. Du coup, les compagnies vont mobiliser toute leur flotte. Flixbus a prévu de faire rouler de 300 à 350 véhicules, autant que pour les grands chassés-croisés des vacances d’été. Selon Isilines, il y a déjà 50 % de réservations en plus par rapport à l’an dernier à la même période et comme les réservations d’autocar se font à la dernière minute ça devrait être encore plus.

Et les perdants sont...

Mais il y aura aussi des perdants: d’abord les hôteliers et les professionnels du tourisme en général. Le taux d’occupation des hôtels enregistré pour avril est en recul de 10 %. On ne réserve plus pour les mois de mai et de juin, les voyageurs attendent de voir comment la situation va évoluer.

Le manque à gagner pour les professionnels du tourisme se chiffre dès à présent à 150 millions d’euros selon le président de l’UMIH, la principale organisation du secteur. Le cabinet Protourisme, a même plus loin et estime que les grèves cumulées de la SNCF et d’Air France pourraient entraîner des pertes allant de 500 millions à un milliard d'euros pour l'ensemble du secteur du tourisme.

Marie Dupin et Anaïs Castagna