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Raffineries bloquées, les professionnels se rationnent: "On est dépendants des transports"

Les professionnels comme les commerciaux s'inquiètent d'une éventuelle pénurie de carburant.

Les professionnels comme les commerciaux s'inquiètent d'une éventuelle pénurie de carburant. - Philippe Huguen - AFP

TEMOIGNAGES - Face au blocage de raffineries et de ports, l'inquiétude grandit chez les automobilistes et particulièrement les professionnels comme les commerciaux qui parcourent les routes de France.

La route fait partie du quotidien de Gilles. Ce commercial sillonne chaque jour les routes de Normandie pour démarcher ses clients et parcourt 200 à 300 kilomètres par jour. La crainte d'une pénurie a conduit les automobilistes à se ruer sur les stations-service, ce week-end sur son temps personnel, Gilles a donc pris ses précautions.

"J'ai refait le plein hier, j'ai vu une station qui était ouverte où il n'y avait pas trop de queue, j'y suis allé immédiatement. J'ai refait le plein pour être sûr de tenir trois jours. On est dépendants des transports", s'inquiète-t-il.

Les chantiers au ralenti

Trois jours, c'est aussi le délai d'autonomie dont dispose Jean-Luc, qui dirige une entreprise de BTP dans la région d'Amiens. Il a besoin d'essence pour faire fonctionner la trentaine de machines mobilisées sur les chantiers. Pour lui et sa centaine de salariés, la situation devient critique.

"On suit le niveau de nos cuves au jour le jour. On se fait approvisionner en petites quantités, on sort déjà d'une période de crise où enfin on retrouve un petit peu de souffle avec une période estivale qui est pour nous la plus propice aux travaux. On est tous très inquiets de savoir quand ça va s'arrêter", explique-t-il. 

Gilles le commercial doit en plus de gérer le réservoir de sa propre voiture faire face au problème de livraison des produits qu'il vend aux grandes surfaces. "On ne peut pas mettre la marchandise en rayon donc indirectement on subit le problème de la grève parce que les palettes ne sont pas livrées et on a une perte de chiffre d'affaires dû à ça", déplore-t-il. Une perte sèche pour ce commercial dont une grande partie du salaire est calculé à la commission. 

C. B avec Jacques Serais et Benoît Ballet