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Raffineries en grève: “Il n’y a qu’une manière de débloquer la situation, c’est de retirer la Loi Travail”

Alors que le gouvernement promet de débloquer la situation, les difficultés d’approvisionnement en carburant se poursuivent à travers la France. "Cela va durer au moins une semaine", a estimé Emmanuel Lépine, responsable de la branche CGT et invité de Jean-Jacques Bourdin.

“Zéro blocage, mais six raffineries en grève.” Invité de Jean-Jacques Bourdin, Emmanuel Lépine, le responsable de la branche pétrole à la CGT, a clarifié ce lundi matin la situation, alors que de nombreuses stations-services connaissent des pénuries de carburant, en particulier dans le Nord-Ouest de la France.

“Le mot blocage pourrait vouloir dire qu’on peut débloquer des choses illégitimement bloquées, ce qui se passe c’est que les salariés de raffineries sont en grève. Il n’y a pas 100% de grévistes, il y en a un pourcentage suffisant pour arrêter la raffinerie”, explique le syndicaliste.

Au total, sur huit raffineries, “six sont arrêtées ou en phase d’arrêt”, précise-t-il.

Plusieurs dépôts bloqués

Outre les grèves dans les raffineries, où le carburant est fabriqué dans un premier temps, des blocages sévissent bel et bien dans certains dépôts, qui servent de lieu de stockage avant sa distribution. C’est le cas à Fos-sur-Mer dans les Bouches-du-Rhône, où plusieurs centaines de militants CGT bloquent le dépôt depuis la nuit de dimanche à lundi. Mais aussi au Havre, en Seine-Maritime, où le dépôt est à l'arrêt depuis vendredi midi.

Face à cette situation, le Premier ministre Manuel Valls a promis dimanche un débloquage rapide. "Nous allons continuer à évacuer un certain nombre de sites et notamment les dépôts" de carburant, a-t-il déclaré depuis Tel-Aviv, au cours d'une interview sur BFMTV et la chaîne israélienne i24 News. "Nous allons créer les conditions pour que, dès demain et massivement, ces dépôts puissent refonctionner", a renchéri le même jour le secrétaire d'Etat aux Transports, Alain Vidalies.

La pénurie est déjà là

“Il n’y a qu’une manière de débloquer la situation, c’est de retirer la loi Travail, c’est très simple”, leur répond Emmanuel Lépine.

“Les gens ont le droit de faire grève, ils ne sont pas d’accord avec la loi Travail et ses conséquences. Ce n’est pas un mouvement politique, il s’agit d’un mouvement pragmatique qui évalue ce qui pourrait arriver si la loi Travail était maintenue, les salariés refusent ces conséquences”, a-t-il insisté.

Le gouvernement, qui se refuse à parler de pénurie, a aussi évoqué des réserves de carburant. Une affirmation qui a fait réagir le responsable de la CGT :

“Les membres du gouvernement devraient sortir un peu de leurs bureaux parce que dans tout l’arc ouest de la France vous avez des heures de queues” dans les stations services. Donc la pénurie ce n’est pas une perspective à venir”, estime-t-il.

"Ça va durer au moins une semaine"

“La pénurie, ce n’est pas le but, c’est la conséquence, qui est assumée apparemment par le gouvernement. Il refuse d’écouter qui que ce soit. Il n’a pas écouté les partenaires sociaux en mars, il a refusé d’écouter les députés en utilisant le 49.3, il n’écoute pas les manifestants et aujourd’hui il dit “non les grévistes je ne vais pas les écouter, je vais envoyer les CRS. Il faudrait qu’il se mette à l’écoute des gens !” a martelé Emmanuel Lépine.

"Bien sûr il y a des conséquences négatives, je comprends les gens qui ont besoin d’essence pour aller travailler."

Interrogé sur la possibilité que ce mouvement se prolonge, le responsable de la branche pétrole s’est montré certain : “Cela va durer car le gouvernement est inflexible. Cela va au moins durer la semaine. Ce mouvement s’étend à d’autres secteurs économiques, on ne va pas pouvoir à nous seuls obtenir le retrait de la loi”, a-t-il conclu.

C.V.