RMC

TGV devient InOui: "La marque TGV va souffrir et se diluer"

La marque TGV de la SNCF va "progressivement" changer de nom à partir du mois de juillet pour devenir inOui. Un changement stratégique qui intrigue beaucoup Jean-Marc Lehu, enseignant-chercheur en stratégie de marque à l’université Paris 1-Panthéon-Sorbonne et invité dans Bourdin Direct.

C’est une annonce qui a provoqué un véritable tollé sur les réseaux sociaux. La SNCF a informé vendredi 26 mai que le TGV changerait "progressivement" de nom pour devenir "inOui". Ce nouveau train doit être la version haut de gamme du Ouigo déjà existant, avec à son bord: voitures confortables, wagon-bar et Wifi. Un changement largement remis en question par Jean-Marc Lehu, enseignant-chercheur en stratégie de marque à l’université Paris 1-Panthéon-Sorbonne. Dans Bourdin Direct, il affirme que cette offre manque de cohérence.

"Sur le fond il y a une cohérence stratégique de prendre une marque ombrelle avec le oui (regrouper plusieurs catégories de produits sous un même nom ndlr), en cohérence avec Ouigo, Ouibus, Ouicar. Sauf que dans les faits, ce n’est pas tout à fait ce qui se passe pour inOui. En toute légitimité, nous aurions dû avoir une marque OuiTGV, ce qui aurait du sens. Le TGV en tant que sigle est connu à l’étranger. Là, il faut tout reconstruire et avec un nom commun. Quand vous créez une marque, vous devez impérativement penser aux moteurs de recherche. Avec un nom commun vous avez des milliers de pages qui ne vous concernent pas".

En plus de remettre en cause la stratégie de la SNCF, Jean-Marc Lehu s'interroge sur le choix du mot en question. "InOui est un qualificatif qui peut être positif et négatif. On dit que c’est inoui au sens exceptionnel parce que le train est arrivé à l’heure, mais aussi que c’est inoui parce que le train est encore une fois en retard. Quand vous vous appelez la SNCF, que vous faites cette promesse de satisfaction en disant que vous allez monter dans un train inOui, vous placez la barre à une très grande hauteur".

Interrogé par Jean-Jacques Bourdin sur l’avenir de la marque, Jean-Marc Lehu a estimé qu’elle "allait souffrir". Pour lui, "la marque TGV va se diluer alors qu’elle était très forte, y compris à l’étranger. Le sigle TGV avait une valeur de marque. L’architecture de marque, c’est de la cohérence, de la simplicité, de la clarté".

Enfin, Jean-Marque Lehu exprime une dernière critique sur le nom du site internet "Voyages-SNCF", qui devrait également être rebaptisé "OUI.sncf". "Voyage est un mot français mais qui a une sonorité à l’étranger, y compris chez les Anglais. Oui? je ne vois pas la sonorité que ça a en dehors de la France. Quand Guillaume Pépy nous dit que l’objectif de la SNCF n’est plus la France mais l’Europe voire le monde, avec une stratégie qui concentre l’ensemble de ces marques sur le terme très franco-français du Oui, il y a de quoi s’interroger.

Bourdin Direct avec A.B.