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Trois passeurs Français devant la justice: "C'est de la délinquance organisée"

Trois Français sont accusés d'avoir participé à un réseau de passeurs.

Trois Français sont accusés d'avoir participé à un réseau de passeurs. - Philippe Huguen - AFP

Trois Français soupçonnés d'avoir apporté un soutien logistique et financier à un réseau de passeurs comparaissent ce vendredi devant le tribunal de Dunkerque. Sur RMC, le procureur de la République a dénoncé cette "délinquance organisée" assimilable à du banditisme.

Ils sont cinq sur le banc des accusés, dont trois Français. Parmi eux, deux frères tenanciers d'un café à Dunkerque devenu le quartier général des passeurs. La justice leur reproche d'avoir réservé des chambres d'hôtel pour les migrants ou encore d'avoir récupéré de l'argent envoyé aux migrants par leurs famille par mandat cash, moyennant une commission.

Un troisième homme, un chauffeur de taxi, prenait ensuite le relais pour transporter les migrants du café jusqu'à des aires de chargement pour rejoindre l'Angleterre en camion

"Une manne financière"

Dans le ressort de Dunkerque, le procureur de la République Eric Foulard explique que deux dossiers impliquent des Français.

"Ils ne sont pas à la tête du réseau, ils n'organisent pas mais ils en profitent. Il y a une telle manne financière qu'un certain nombre de personnes peuvent se dire que finalement c'est juste faire passer des gens en Angleterre et on peut avoir pas mal d'argent", explique-t-il sur RMC.

Dans le dossier dans lequel sont impliqués les trois Français les passages se monnayaient de 5.000 à 10.000 euros. "La solidarité est éventuellement invoquée pour les prévenus mais pour moi c'est clairement l'appât du gain" qui a motivé les passeurs, poursuit le procureur.

Un appât du gain qui conduit à des comportements dangereux comme jeudi, lorsqu'une course-poursuite entre une voiture de passeurs et la police belge a tourné au drame avec la mort d'un motard. "C'est de la délinquance organisée qui rapporte énormément aux passeurs, ce qui explique leur volonté d'échapper à tout prix aux forces de l'ordre", "c'est du banditisme".

C. B avec Constantin de Vergennes