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Troisième sexe: "Les bébés qui naissent intersexes subissent des mutilations génitales"

Le gouvernement allemand a adopté mercredi un texte légalisant un "troisième genre" sur les certificats de naissance. Une avancée pour Joël Deumier, président de SOS Homophobie, qui accuse le corps médical de pratiquer des mutilations sur les bébés intersexes.

L'Allemagne reconnaît désormais l'existence d'un troisième sexe. Sur les certificats de naissance, à côté de "féminin" ou "masculin" pourra être mentionné la mention "divers" pour les personnes concernées, selon ce texte de loi qui doit encore être approuvé par la chambre des députés. Avec ce texte, le pays devient précurseur en Europe dans la reconnaissance des personnes intersexes.

"La France déjà condamnée"

Pour Joël Deumier, président de SOS Homophobie, c'est clairement une avancée pour les personnes qui naissent entre les deux sexes:

"Les bébés intersexes subissent des mutilations génitales par le corps médical français autorisées par la loi française, par l'Etat français. Quand le bébé nait et que le corps médical constate qu'il n'est pas assigné femme ou homme, il informe les parents et bien souvent le corps médical prend des décisions sans en informer de façon pleine et entière les parents et opèrent le bébé. Quand le bébé grandit il se retrouve dans une situation où il n'a pas choisi les opérations qui ont été faites. La France a été condamnée à trois reprises en 2016 par le Comité contre la torture de l'ONU pour avoir mutilé des bébés intersexes. C'est un phénomène important, il faut que les pouvoirs publics s'en emparent. Le Conseil d'Etat a rendu un rapport en mai 2018 qui tire la sonnette d'alarme sur la situation des enfants intersexes en France".
P.B.