RMC

"Un effet euphorisant, relaxant, désinhibant": Sylvain consomme du GBL, cette nouvelle drogue qui inquiète les autorités

La préfecture de police de Paris tire la sonnette d'alarme sur une drogue qui fait des ravages: le GBL. Les autorités ont recensé 10 cas d'overdoses dans des établissements de nuit depuis le début de l'année.

La préfecture de police de Paris tire la sonnette d'alarme. La consommation du GBL, pour Gamma-butyrolactone, fait une hécatombe chez les consommateurs de drogues. La préfecture de Paris a ainsi recensé dix cas d'overdoses au GBL, dont un mortel, dans les établissements de nuit au cours des trois derniers mois Autant que pour toute l'année 2017. 

Six établissements de nuit ont fait l'objet d'une fermeture administrative depuis le début de l'année après le coma de clients sous les effets du GBL.

"On sait qu'on se met en danger"

Ce détergent, utilisée dans l'industrie comme solvant de peinture, époxy ou vernis à ongles, détourné en drogue se transforme, une fois ingéré, en GHB, la drogue du violeur, extrêmement dangereuse. Qui sont les consommateurs? Quels sont les effets de cette drogue peu chère et facilement trouvable? 

RMC a recueilli le témoignage de Sylvain,cadre d'une quarantaine d'années dans une grande entreprise. Depuis une dizaine d'années, il consomme du GBL. Il a acheté, il y a peu, une bouteille d'un litre pour 120 euros.

"Ca a un effet effet euphorisant, relaxant, désinhibant. On le consomme sous forme liquide: 2ml maximum, espacé d'une heure. On note les heures de prises car si on dépasse ce critère, on sait qu'on se met en danger" confie-t-il.

"On n'est pas là pour voir des morts sur le dancefloor"

Cette drogue-phénomène inquiète les patrons de bars et de discothèques. Selon Alexandre Drosnes, président de Culture barbare Ile-de-France, une fédération d'établissements de nuit, "tout le monde y pense". "Il y a des établissements assez gros, réputés pour leur sérieux, pour les équipes qu'ils ont mis en place, qui n'ont pas pu empêcher d'avoir plusieurs overdoses sur place. C'est devenu un vrai problème" explique-t-il sur RMC. 

Même signal d'alarme pour Christophe, gérant d'un établissement de nuit:

"On demande aux autorités sanitaires de faire plus sur ce produit à destination des jeunes, des étudiants, des 18-25 ans, qui sont le gros des gens qui peuvent consommer ce type de produits. Que les autorités prennent conscience de cette probable pandémie! Nous, exploitants de lieux, sommes là pour la fête, mais pas là pour voir des morts sur le dancefloor".

Un appel que semble avoir entendu le préfet de police de Paris, Michel Delpuech, qui a réuni lundi les professionnels de la nuit, les autorités de santé et les services de police. "On est à un rythme qui peut aboutir d'ici à la fin de l'année entre 50 et 100 comas liés à la consommation de ces produits. On voit quand même une évolution inquiétante. Il y a 2 ou 3 ans, c'était dix à l'année" a indiqué le préfet, qui souhaite désormais mettre en place un plan d'action d'ici quelques semaines.

Claire Andrieux et X.A