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Soins d'urgence: "S'il y a un attentat aujourd'hui, nous sommes prêts"

Les alentours du Bataclan, au soir du 13 novembre.

Les alentours du Bataclan, au soir du 13 novembre. - François Guillot - AFP

TEMOIGNAGES - Marisol Touraine reçoit ce mardi un rapport sur les interventions médicales et psychologiques menées lors des attentats de novembre. RMC a rencontré des personnels soignants qui sont intervenus en urgence sur les scènes des attaques jihadistes.

L'organisation des soins au soir du 13 novembre passée au crible. Marisol Touraine reçoit ce mardi à 12h30 un rapport sur les interventions médicales et psychologiques menées lors des attentats. Ce rapport a été confié au directeur général de la Santé, avec le SAMU, les pompiers, les médecins militaires, les services du ministère de la Santé.

Avant même d'en recevoir les conclusions, la ministre de la Santé a déjà estimé, le 14 janvier dernier, qu'il fallait travailler sur l'efficacité de la prise en charge des blessés depuis le site, jusqu'à l'établissement de santé. Les cellules psychologiques doivent également être mieux "adaptées".

Une équipe de 15 personnes "en moins d'une heure" 

Depuis les attentats, les personnels de santé améliorent leurs dispositifs, pour être mieux préparés en cas de réplique. Ce soir du vendredi 13 novembre, à 21h50, le psychologue Jean-Pierre Vouche est l'un des premiers à arriver sur le terrain. Dans la nuit, il a dû prendre en charge plus d'une centaine de personnes, jusqu'à l'arrivée des renforts. Il raconte, ce mardi sur RMC.

"Dans la nuit, j'ai réussi à avoir une deuxième collègue. Le lendemain, j'en avais quatre: on était six, on est monté en charge. Mais même nous, par rapport à une petite équipe, on n'était pas assez. Donc là, on a multiplié par trois notre équipe, parce qu'on sait qu'il y a des risques de réplique d'attentats. Donc nous, on est prêt. Et donc aujourd'hui, je viens de former des médecins, des infirmiers, des infirmiers psychiatriques, des psychologues. S'il y a un attentat aujourd'hui, nous on peut en moins d'une heure mettre une équipe, sur le lieu, de minimum quinze personnes".

"Évacuer tout de suite les victimes"

Le soir des attentats, l'urgentiste Christophe Prudhomme, lui, intervient au Stade de France. Les moyens sont là. Mais il faut sécuriser les lieux avant d'intervenir auprès des blessés. De précieuses minutes, sont perdues, explique-t-il:

"Forces de police, pompiers, samu, etc. Même si l'on se connaît, c'est difficile. Il y aura sûrement, là, dans le cas du debriefing, à réfléchir à comment on sécurise ces lieux, et comment on évacue les blessés. Le précepte de: il ne faut pas toucher la victime, il ne faut pas la blesser, il faut complètement le mettre de côté. Quand vous êtes dans un lieu qui n'est pas sécurisé, il faut évacuer tout de suite les victimes. Ce qui est important, c'est que les victimes arrivent le plus rapidement possible dans un bloc opératoire".

Plus de 300 blessés ont été pris en charge dans les hôpitaux parisiens, après les attentats de novembre dernier. Au 14 janvier, 51 victimes étaient toujours hospitalisées, selon Marisol Touraine.

C. P. avec Pierre Rigo